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Qu’est-ce que le TDAH ?

, par Pierre Laporte

Le repérage ou qu’est-ce qui fait la différence entre un comportement « ordinaire » pour l’âge et un comportement « trop »….. ?

Germain DUCLOS, psycho-éducateur, professeur à l’Université de Sherbrooke (province de Québec (Qc)), dans une conférence pour l’association PANDA de la MRC L’Assomption à laquelle j’ai eu le bonheur d’assister ( Repentigny (Qc), le 28 / 02 / 01), a très bien attiré l’attention sur trois facteurs à considérer pour répondre à cette très importante question préalable à toute demande de diagnostic différentiel :

L’intensité : « la perception de l’intensité ou de la gravité du problème est (…) la partie la plus subjective car elle est relative à chaque personne selon le taux de tolérance, ses exigences personnelles. (…) Mais quand plusieurs personnes adultes ont une perception à peu près commune de la gravité d’un problème, il y a de forte chance que ce soit objectif ». D’où le grand intérêt d’utiliser des échelles standardisées comme celles de Conners ou d’Achenbach pour recueillir des informations auprès des parents et auprès de l’école.

La fréquence : « La fréquence, on peut la mesurer. N’importe quel enfant va être inattentif à un moment ou un autre. C’est la fréquence de l’inattention ( ou de l’impulsivité et de l’hyperactivité, ajouterons nous ) qui crée le problème. (…). Dans les écoles, il y a environ 15 % des élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, mais qui prend 80% de l’énergie des enseignants à cause des comportements inadéquats ».

La durée : « Depuis quand l’enfant présente-t-il des difficultés d’inattention ? » ou d’impulsivité, hyperactivité, nous permettrons nous encore d’ajouter ?
Il est bien évident que la signification de ces comportements est radicalement différente si c’est depuis trois semaines ou si c’est depuis quasiment toujours, signalé notamment dans les successifs bulletins scolaires, année après année…….

« Il faut toujours avoir en tête ces trois facteurs là pour pouvoir circonscrire le problème en évaluant l’intensité, la fréquence et la durée des comportements » (Document de conférence, 2001).

Bien sûr, nous allons retrouver ces trois facteurs dans les critères diagnostiques du TDAH, tels que donnés par le DSM - IV - TR (le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 4° éd., Texte Révisé, 2000) et la CIM - 10 (Classification internationale des maladies et problèmes de santé connexes, 10 ° éd. révisée, OMS, 1992.

Précisons ici que nous regrettons profondément que le TDAH soit classé parmi les troubles mentaux. (Il est depuis 2013 dans le DSM 5 classé dans les troubles neuro-développementaux)

En effet, bien que des troubles psychopathologiques se retrouvent très fréquemment en comorbidité avec le TDAH, il est de plus en plus clair que le TDAH est un authentique trouble neuropsychologique et non pas un trouble psychopathologique ou encore une maladie neurologique.

P.-S.

Laporte, P. (2003). Le TDAH : Epreuve de réalité. Conférence pour l’Association HyperSupers, 20 décembre 2003 - MIOS (33) France.
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