L’ecole
Dernier ajout – samedi 10 septembre 2011. A propos d’école nous aimerions citer cette phrase de Daniel Pennac : "L’idée qu’on puisse enseigner sans difficulté tient à une représentation éthérée de l’élève. La sagesse pédagogique devrait nous représenter le cancre comme l’élève le plus normal qui soit : celui qui justifie pleinement la fonction de professeur puisque nous avons tout à lui apprendre, à commencer par la nécessité même d’apprendre !"
L’intégration et la prise en charge efficaces de l’enfant avec TDAH à l’école, implique une double démarche :
La prise en compte des aspects relationnels et institutionnels propres à l’école qui accueille l’enfant.
La mise en place d’une pédagogie différenciée, réalisée dans le cadre d’un partenariat étroit entre les parents, les enseignants et les éventuels intervenants spécialisés.
samedi 7 mai 2005, mis à jour le 3 décembre 2010, par Christine Gétin,
Jean-Jacques Lemire
La bonne intégration à l’école d’un enfant avec un Trouble Déficit de l’Attention/hyperactivité est tout à fait réalisable. N’oublions jamais que ces enfants sont tous différents, ce qui implique que les prises en charge thérapeutiques comme les aménagements de la scolarité seront à moduler en fonction des manifestations du trouble, dans une démarche en trois étapes :
I. La définition précise des difficultés et besoins de l’enfant avec TDAH (Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité), ce qui implique :
un diagnostic médical réalisé par un médecin formé
un bilan psychologique qui permet de préciser les difficultés, troubles cognitifs spécifiques, ainsi que les troubles psychoaffectifs éventuellement associés.
divers bilans paramédicaux réalisés en fonction des troubles repérés (orthophonie, psychomotricité, orthoptie etc. …)
II. La reconnaissance et la prise en compte par l’Ecole des besoins particuliers de l’enfant avec TDAH, ce qui implique trois stratégies
possibles selon le niveau de difficultés de l’élève :
2.1 L’enfant n’a pas de besoins particuliers et peut suivre une scolarité sans aménagements
2.2 - L’organisation d’Equipes Educatives réunissant les divers
professionnels concernés par la prise en charge de l’enfant et ses parents. A ce stade un PAI peut être mis en place (Projet d’Accueil Individualisé) pour des aménagements simples et faciles à réaliser.
2.3 - La saisine de la MDPH par les parents en cas de difficultés plus notables pourra permettre d’obtenir, selon les cas :
- l’élaboration d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS), engageant l’école, les parents, l’enfant, et les divers professionnels concernés. Il listera les aménagements de la scolarisation à mettre en œuvre.
- En cas de retentissement sévère du trouble, le PPS pourra inclure l’attribution d’une aide humaine (auxiliaire de vie scolaire), d’une aide technique (par exemple ordinateur) en fonction des besoins définis de l’élève.
- une admission en SESSAD, si les troubles le justifient.
III. La mise en place d’une pédagogie différenciée, qui associe les parents au suivi régulier de travail scolaire et à la gestion des comportements de l’enfant, ce qui implique une collaboration étroite et constructive entre l’enseignant (e), l’enfant, les parents, et l’adhésion de l’enfant au projet éducatif et pédagogique qui lui est proposé.
P.-S.
Article révisé après mise en place de la loi du 11 février 2005 par Christine Gétin, présidente de l’association.
mardi 19 avril 2005, mis à jour le 16 avril 2007, par Jean-Jacques Lemire
Les relations avec l’école
Impliquer l’école dans la reconnaissance et la prise en compte des besoins spécifiques de l’enfant avec TDAH, procède d’une double démarche :
Convaincre, informer et soutenir l’enseignant (e)
Dans la mise en œuvre d’une pédagogie différenciée adaptée à l’enfant : il n’existe pas de méthode type ni de recettes toutes faites, mais une large panoplie de techniques dont l’application et le suivi nécessite une rupture radicale du cloisonnement entre l’école et la maison. Pour ce faire, les deux parties ont souvent à se détacher d’attitudes trop conventionnelles.
D’une part, les parents doivent sortir de la logique d’usager de service public, et tenter de se transformer en assistants ou collaborateurs de l’enseignant, sans toutefois remettre en cause le principe de la liberté pédagogique. La relation doit se baser sur la confiance réciproque et l’information constructive, et non pas sur la critique, voire l’injonction.
D’autre part, l’enseignant(e), doit accepter l’existence de cet enfant avec TDAH, et surtout la charge supplémentaire que représentent l’élaboration et la mise en œuvre d’une pédagogie adaptée aux besoins de l’enfant.
C’est dans ce triangle relationnel (parents - enfant - enseignant) que l’enfant avec TDAH doit trouver le soutien et les repères qui lui sont nécessaires pour se bâtir son identité d’élève à part entière, malgré ses difficultés et parfois ses souffrances, et, ainsi trouver les ressources nécessaires pour s’investir avec profit dans ses apprentissages.
Impliquer la direction de l’école pour reconnaître et pérenniser les besoins particuliers de l’enfant avec TDAH.
Le directeur d’école est instutionellement responsable de la prise en compte des élèves à besoins particuliers. Pour ce faire, il dispose de l’autorité de décision d’organiser les Equipes Educatives (qu’il préside) et d’y convoquer tous les professionnels susceptibles d’aider l’enfant avec TDAH dans sa scolarité.
C’est dans le cadre de l’équipe éducative que s’élaborent le P.A.I. (Projet d’Accueil Individualisé) et le P.I.I.S (Projet Individuel d’Intégration Scolaire). Ces documents institutionnels engagent conjointement l’école et les parents. En cas de changement d’école, ils sont une garantie relative (selon les moyens disponibles) de la poursuite des actions déjà engagées dans le cadre de ces projets. Enfin, dans le cas, où l’enfant avec TDAH présente des besoins éducatifs trop lourds à prendre en charge par l’enseignant (e), il est possible de demander l’assistance d’une A.V.S. ou bien l’intervention du SESSAD. Ce type de prise en charge est alors formalisé dans le cadre du P.I.IS.
P.-S.
Auteur : Mr JJ Lemire psychologue scolaire
La mise en place d’une pédagogie différenciée
vendredi 6 mai 2005, mis à jour le 6 mai 2005, par Jean-Jacques Lemire
Pratiquer une pédagogie différenciée, c’est adopter un enseignement adapté aux besoins de chaque élève, tout en s’attachant à maintenir la cohésion du groupe classe, dans le cadre des objectifs d’acquisitions de connaissances imposés par les programmes scolaires.
Dans une classe banale à un seul niveau, cela exige une haute tolérance à la différence que l’ensemble des élèves doit s’être appropriée au préalable. Dans une classe à plusieurs niveaux, c’est plus facile à mettre en œuvre, mais cela peut représenter une surcharge de travail importante pour l’enseignant(e).
On peut admettre que la variété des difficultés de comportement et des apprentissages observés chez les enfants avec TDAH ( inattention , désorganisation , impulsivité , comportements oppositionnels ,difficulté de concentration , etc…. ) , se rencontre aussi chez une bonne part des autres enfants . La spécificité des enfants avec TDAH, tient surtout à l’intensité, la fréquence et la durabilité de leurs difficultés. C’est en ce sens qu’elles constituent des troubles, voire, un véritable handicap, ainsi qu’un désavantage, par rapport aux autres élèves de la classe.
Or, un trouble exprime un véritable dysfonctionnement constitutionnel, qu’il soit d’ordre sensoriel, perceptif, cognitif, ou moteur. La plupart du temps, on arrive à en réduire les effets par un traitement médical ou une rééducation appropriée. La compensation obtenue, permet, comme les lunettes du myope, de réduire le désavantage, et ainsi l’enfant avec TDAH peut alors espérer poursuivre une scolarité satisfaisante.
Donc, les solutions et techniques qui peuvent être mises en oeuvre dans la classe, pour pallier aux difficultés rencontrées par les enfants avec TDAH ont surtout pour objectif de leur donner les moyens de réussir dans leurs apprentissages, ainsi que de restaurer et maintenir leur statut d’élève à part entière.
P.-S.
Auteur : Jean-Jacques Lemire psychologue scolaire
Les recours institutionnels
en cas de refus de prise en compte des besoins particuliers de l’enfant avec TDAH.
Témoignage de Viviane Raynal, institutrice de CE2 J’ai accepté de donner mon témoignage car j’espère que cela pourra aider d’autres enseignants confrontés à des
enfants un peu « difficiles ».
Elise est arrivée dans l’école l’an dernier. J’ai tout de suite remarqué qu’elle était un peu « particulière ». Elle avait un besoin incessant de parler d’elle et de sa vie à n’importe quel moment.
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