Témoignage
Dernier ajout – mardi 3 avril 2007.
mardi 3 avril 2007, mis à jour le 16 avril 2007, par Frédéric 77
Dès le sein de sa mère, il remuait beaucoup ! Ce n’était qu’un début… Son Papa dresse un portrait de Julien, aujourd’hui diagnostiqué hyperactif.
A l’âge où les enfants marchent, Julien se mit à courir, même pour faire deux mètres ! Il courait, ignorait tout sur son passage, aucun obstacle ne pouvait lui résister. Recousu cinq fois dont deux dans la même journée, le service des urgences nous soupçonna de maltraiter notre enfant.
En classe, Julien ne tient pas en place, et agit sans mesurer les conséquences. Tandis que la maîtresse raconte une histoire aux enfants, il se lève et va prendre un bonbon. Puis, sort pour aller boire un verre d’eau et regarder les oiseaux chanter dehors. Le soir, nous essuyons les reproches de la maîtresse : « Votre enfant manque un peu d’éducation… ». Pour Julien, il ne faisait rien de mal : « J’ai juste pris un bonbon et j’avais soif… ».
A l’école maternelle, il ne pose pas de problème. C’est un enfant vif, qui comprend vite et termine souvent son travail avant les autres, ce qui lui laisse le temps de distraire le reste de la classe par ses clowneries… Mais quinze jours après son entrée au CP, nous sommes convoqués par l’institutrice : « Faites quelque chose, je ne pourrai pas apprendre à lire ni à écrire à Julien, de plus il perturbe ma classe. »
Un partenariat essentiel
Après avoir tâtonné auprès de plusieurs professionnels de la santé, un pédiatre d’un centre hospitalier nous annonce : « Votre enfant souffre d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité. » Un traitement médicamenteux et un suivi en psychomotricité sont mis en place .En partenariat avec le corps enseignant et le milieu médical nous travaillons tous les trois sur la prise en charge à l’école de Julien. Le plus difficile en effet est de gérer son comportement. Il est parfois très impulsif, veut toujours passer le premier et provoque malgré lui (car il ne veut jamais mal faire, ni embêter les autres) disputes et altercations. Au point qu’une année, son instituteur (un gaillard d’un mètre quatre-vingt) manque d’appeler les pompiers car il n’arrivait plus à contrôler Julien après un match de foot où celui-ci avait perdu ! Cette année-là, Julien s’est vite senti mis à part et dévalorisé : « Je suis un nul » ; il n’avait plus le moral, et nous non plus. Dans ces périodes noires, la foi nous a gardés du gouffre…
Aujourd’hui, Julien est prêt à aborder l’entrée en 6eme avec beaucoup de confiance. La crainte est de notre côté : ses professeurs vont-ils tenir compte de son handicap ? Allons-nous pouvoir travailler ensemble ?
Frédéric
P.-S.
Article extrait du dossier "enfants hyperactif, une éducation à rude épreuve" paru dans Ombres et Lumière n°155, revue publiée par l’Office Chrétien des personnes Handicapées (OCH). Pour commander la revue, Tel : 01.53.69 44 30 ou ombresetlumiere@och.asso.fr. Pour des raisons respect de la vie privée, les prénoms ont été modifiés.
Par Philomène BOUILLON PARIS, 9 déc 2005 (AFP)
samedi 17 décembre 2005, mis à jour le 16 avril 2007, par Philomène BOUILLON
"Mon fils était étiqueté petit tyran à l’école et souvent grondé, alors qu’il était hyperactif". Hakima Abdallaoui peut souffler désormais. Son fils Stéphane prend un médicament, deux fois par jour. Avec, il peut enfin se concentrer sur ses cahiers.
Aujourd’hui la prise de ce médicament psychostimulant, n’est plus autant "critiquée qu’avant", témoigne Hakima, une belle jeune femme de 38 ans, au sourire toujours bienveillant.
"Avant il arrivait qu’un parent achetant la Ritaline® se fasse rabrouer par un pharmacien qui lui disait +vous droguez votre enfant !+, heureusement les gens sont de moins en moins choqués, on en parle plus", raconte Hakima.
Des spécialistes du milieu médical estiment qu’actuellement "à peine 10% des enfants hyperactifs sont traités" par médicaments psychostimulants, dont les prescriptions sont rigoureusement surveillées.
A sa façon Hakima a mené un combat, celui d’aider son fils de 10 ans en CM2, à suivre une scolarité "normale", sans "qu’il ne perde sa personnalité ou devienne un légume".
Pas question d’en faire un "enfant sage sur ordonnance".
"En CP et en CE1 cela a été l’enfer, j’avais des mots écrits en rouge me convoquant,
la maîtresse n’arrêtait pas de le gronder", dit Hakima. A la maison aussi, c’était des cris, ajoutés aux nuits courtes, "il se réveillait à 5h30 du matin".
"Même à l’âge de 5 mois il ne dormait pas. A l’école il ne pouvait pas s’empêcher
de bouger ses jambes, de courir 100 mètres devant moi à la sortie des classes.
J’ai eu la chance qu’il soit très agréable aux autres et qu’il les fasse rire…" raconte Hakima.
Les troubles ont duré, duré, jusqu’au jour où elle a vu que son fils ne comprenait pas pourquoi "il se faisait réprimander tout le temps". Angoisses sur angoisses.
"Il a vu une pédopsychiatre qui a fait des examens poussés", dit la maman.
Verdict : Stéphane est un enfant TDAH (trouble déficit de l’attention, hyperactivité).
Il devra prendre un médicament. "Je me suis effondrée" se souvient Hakima,
"mais une fois qu’il a pris ce traitement (prescrit uniquement à l’hôpital selon un protocole très serré, ndlr), il a pu vivre normalement comme un enfant de son âge".
A son école de Charenton-le-Pont (Val de Marne), le changement a été radical, aussi. "Nous avons eu de la chance en plus, car il a eu en CE2 une maîtresse extraordinaire,
elle-même maman d’un enfant hyperactif, qui l’a vraiment aidé".
Hakima, la directrice de l’école et l’institutrice se réunissent, décident ensemble d’élaborer une sorte de protocole. A la fois pour que la maîtresse donne à Stéphane
son médicament en milieu de journée, mais aussi pour aménager des astuces pédagogiques dans sa scolarité.
"On a mis en place un tableau. Sans note d’évaluation, mais avec des petits +smileys+ dont il est récompensé s’il arrive par exemple, durant une journée, à ne pas lever la main
en classe avant que la maîtresse ait fini sa phrase", explique Hakima.
Témoignage
vendredi 15 juillet 2005, mis à jour le 16 avril 2007, par Dani
Hier mon fils Samuel me disait : "Maman, je ne sais pas
pourquoi les autres ils ont honte de faire des câlins à leur maman devant les copains, moi ça me fait joyeux de faire ça". Il a dit cela a un copain qui "avait honte" et qui pour la première fois à fait un câlin a sa maman toute émue par cet élan soudain… Et j’étais fière de sa vulnérabilité qui fait son courage, et qui le pousse à parler de ses sentiments.
Mon fil a vu, dans notre jardin en allemagne, le "boss" hurler et harceler moralement, abuser verbalement le pauvre travailleur ukrainien qui ne parlait pas allemand et qui ne comprenait pas bien "le boss", mais souriait gentiment, humblement quand même, à nous arracher le coeur. Samuel lui avait arraché autre chose à l’homme qui ne parlait pas sa langue : "Maman, tu sais, il m’a dit que dans son pays, l’homme était chef d’orchestre".
Et Samuel à la fin de la journée, le coeur lourd de chagrin mais sourire aux lèvres, a voulu que le "boss" et l’homme viennent ensemble l’écouter jouer du piano. Mais "le boss" était très irrité de devoir l’écouter à coté de ce "larbin". Mais Samuel (8 ans) a invité le "larbin" à jouer. Et l’homme a joué… Merveilleusement bien… Il a éclaté nos coeurs. Samuel m’a souri discrètement.
Le jour suivant le "boss" n’a plus hurlé. Il a parlé à l’homme qui ne le comprenait pas bien avec douceur, respect et gentillesse.
Son regard avait changé. Mon regard de maman sur mon fils TDAH aussi ! Et mon fils m’a dit : "le boss ne lui
crie plus dessus. Je suis content maintenant". Et il a ajouté : "le boss, ce n’est pas de sa faute s’il est en colère. Des fois il est vraiment gentil, hein maman ? Quand il revient de l’hôpital il est fatigué et souvent en colère. Il ne veut pas mourir maintenant, hein ? La leucémie, on vit combien de temps avant qu’on meure maman ? Ça me fait triste pour lui".
Et je regarde mon petit HyperSupers et je suis si fière de lui.
Dani