"Avant il arrivait qu’un parent achetant la Ritaline® se fasse rabrouer par un pharmacien qui lui disait +vous droguez votre enfant !+, heureusement les gens sont de moins en moins choqués, on en parle plus", raconte Hakima. Des spécialistes du milieu médical estiment qu’actuellement "à peine 10% des enfants hyperactifs sont traités" par médicaments psychostimulants, dont les prescriptions sont rigoureusement surveillées.
A sa façon Hakima a mené un combat, celui d’aider son fils de 10 ans en CM2, à suivre une scolarité "normale", sans "qu’il ne perde sa personnalité ou devienne un légume". Pas question d’en faire un "enfant sage sur ordonnance". "En CP et en CE1 cela a été l’enfer, j’avais des mots écrits en rouge me convoquant, la maîtresse n’arrêtait pas de le gronder", dit Hakima. A la maison aussi, c’était des cris, ajoutés aux nuits courtes, "il se réveillait à 5h30 du matin".
"Même à l’âge de 5 mois il ne dormait pas. A l’école il ne pouvait pas s’empêcher de bouger ses jambes, de courir 100 mètres devant moi à la sortie des classes. J’ai eu la chance qu’il soit très agréable aux autres et qu’il les fasse rire…" raconte Hakima.
Les troubles ont duré, duré, jusqu’au jour où elle a vu que son fils ne comprenait pas pourquoi "il se faisait réprimander tout le temps". Angoisses sur angoisses. "Il a vu une pédopsychiatre qui a fait des examens poussés", dit la maman.
Verdict : Stéphane est un enfant TDAH (trouble déficit de l’attention, hyperactivité). Il devra prendre un médicament. "Je me suis effondrée" se souvient Hakima, "mais une fois qu’il a pris ce traitement (prescrit uniquement à l’hôpital selon un protocole très serré, ndlr), il a pu vivre normalement comme un enfant de son âge".
A son école de Charenton-le-Pont (Val de Marne), le changement a été radical, aussi. "Nous avons eu de la chance en plus, car il a eu en CE2 une maîtresse extraordinaire, elle-même maman d’un enfant hyperactif, qui l’a vraiment aidé".
Hakima, la directrice de l’école et l’institutrice se réunissent, décident ensemble d’élaborer une sorte de protocole. A la fois pour que la maîtresse donne à Stéphane son médicament en milieu de journée, mais aussi pour aménager des astuces pédagogiques dans sa scolarité.
"On a mis en place un tableau. Sans note d’évaluation, mais avec des petits +smileys+ dont il est récompensé s’il arrive par exemple, durant une journée, à ne pas lever la main en classe avant que la maîtresse ait fini sa phrase", explique Hakima.
