Le TDAH

Hakima : "Etiqueté petit tyran à l’école, mon fils n’était qu’hyperactif" Par Philomène BOUILLON PARIS, 9 déc 2005 (AFP)

, par Philomène BOUILLON

"Mon fils était étiqueté petit tyran à l’école et souvent grondé, alors qu’il était hyperactif". Hakima Abdallaoui peut souffler désormais. Son fils Stéphane prend un médicament, deux fois par jour. Avec, il peut enfin se concentrer sur ses cahiers. Aujourd’hui la prise de ce médicament psychostimulant, n’est plus autant "critiquée qu’avant", témoigne Hakima, une belle jeune femme de 38 ans, au sourire toujours bienveillant.

"Avant il arrivait qu’un parent achetant la Ritaline® se fasse rabrouer par un pharmacien qui lui disait +vous droguez votre enfant !+, heureusement les gens sont de moins en moins choqués, on en parle plus", raconte Hakima.
Des spécialistes du milieu médical estiment qu’actuellement "à peine 10% des enfants hyperactifs sont traités" par médicaments psychostimulants, dont les prescriptions sont rigoureusement surveillées.

A sa façon Hakima a mené un combat, celui d’aider son fils de 10 ans en CM2, à suivre une scolarité "normale", sans "qu’il ne perde sa personnalité ou devienne un légume".
Pas question d’en faire un "enfant sage sur ordonnance".
"En CP et en CE1 cela a été l’enfer, j’avais des mots écrits en rouge me convoquant,
la maîtresse n’arrêtait pas de le gronder", dit Hakima. A la maison aussi, c’était des cris, ajoutés aux nuits courtes, "il se réveillait à 5h30 du matin".

"Même à l’âge de 5 mois il ne dormait pas. A l’école il ne pouvait pas s’empêcher
de bouger ses jambes, de courir 100 mètres devant moi à la sortie des classes.
J’ai eu la chance qu’il soit très agréable aux autres et qu’il les fasse rire…" raconte Hakima.

Les troubles ont duré, duré, jusqu’au jour où elle a vu que son fils ne comprenait pas pourquoi "il se faisait réprimander tout le temps". Angoisses sur angoisses.
"Il a vu une pédopsychiatre qui a fait des examens poussés", dit la maman.

Verdict : Stéphane est un enfant TDAH (trouble déficit de l’attention, hyperactivité).
Il devra prendre un médicament. "Je me suis effondrée" se souvient Hakima,
"mais une fois qu’il a pris ce traitement (prescrit uniquement à l’hôpital selon un protocole très serré, ndlr), il a pu vivre normalement comme un enfant de son âge".

A son école de Charenton-le-Pont (Val de Marne), le changement a été radical, aussi. "Nous avons eu de la chance en plus, car il a eu en CE2 une maîtresse extraordinaire,
elle-même maman d’un enfant hyperactif, qui l’a vraiment aidé".

Hakima, la directrice de l’école et l’institutrice se réunissent, décident ensemble d’élaborer une sorte de protocole. A la fois pour que la maîtresse donne à Stéphane
son médicament en milieu de journée, mais aussi pour aménager des astuces pédagogiques dans sa scolarité.

"On a mis en place un tableau. Sans note d’évaluation, mais avec des petits +smileys+ dont il est récompensé s’il arrive par exemple, durant une journée, à ne pas lever la main
en classe avant que la maîtresse ait fini sa phrase", explique Hakima.

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