Le TDAH

Julien, pas mal élevé, seulement hyperactif

, par Frédéric, Bénévole 77

Dès le sein de sa mère, il remuait beaucoup ! Ce n’était qu’un début… Son Papa dresse un portrait de Julien, aujourd’hui diagnostiqué hyperactif.

A l’âge où les enfants marchent, Julien se mit à courir, même pour faire deux mètres ! Il courait, ignorait tout sur son passage, aucun obstacle ne pouvait lui résister. Recousu cinq fois dont deux dans la même journée, le service des urgences nous soupçonna de maltraiter notre enfant.
En classe, Julien ne tient pas en place, et agit sans mesurer les conséquences. Tandis que la maîtresse raconte une histoire aux enfants, il se lève et va prendre un bonbon. Puis, sort pour aller boire un verre d’eau et regarder les oiseaux chanter dehors. Le soir, nous essuyons les reproches de la maîtresse : « Votre enfant manque un peu d’éducation… ». Pour Julien, il ne faisait rien de mal : « J’ai juste pris un bonbon et j’avais soif… ».
A l’école maternelle, il ne pose pas de problème. C’est un enfant vif, qui comprend vite et termine souvent son travail avant les autres, ce qui lui laisse le temps de distraire le reste de la classe par ses clowneries… Mais quinze jours après son entrée au CP, nous sommes convoqués par l’institutrice : « Faites quelque chose, je ne pourrai pas apprendre à lire ni à écrire à Julien, de plus il perturbe ma classe. »
Un partenariat essentiel
Après avoir tâtonné auprès de plusieurs professionnels de la santé, un pédiatre d’un centre hospitalier nous annonce : « Votre enfant souffre d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité. » Un traitement médicamenteux et un suivi en psychomotricité sont mis en place .En partenariat avec le corps enseignant et le milieu médical nous travaillons tous les trois sur la prise en charge à l’école de Julien. Le plus difficile en effet est de gérer son comportement. Il est parfois très impulsif, veut toujours passer le premier et provoque malgré lui (car il ne veut jamais mal faire, ni embêter les autres) disputes et altercations. Au point qu’une année, son instituteur (un gaillard d’un mètre quatre-vingt) manque d’appeler les pompiers car il n’arrivait plus à contrôler Julien après un match de foot où celui-ci avait perdu ! Cette année-là, Julien s’est vite senti mis à part et dévalorisé : « Je suis un nul » ; il n’avait plus le moral, et nous non plus. Dans ces périodes noires, la foi nous a gardés du gouffre…
Aujourd’hui, Julien est prêt à aborder l’entrée en 6eme avec beaucoup de confiance. La crainte est de notre côté : ses professeurs vont-ils tenir compte de son handicap ? Allons-nous pouvoir travailler ensemble ?

Frédéric

P.-S.

Article extrait du dossier "enfants hyperactif, une éducation à rude épreuve" paru dans Ombres et Lumière n°155, revue publiée par l’Office Chrétien des personnes Handicapées (OCH). Pour commander la revue, Tel : 01.53.69 44 30 ou ombresetlumiere@och.asso.fr. Pour des raisons respect de la vie privée, les prénoms ont été modifiés.
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