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Traitement du TDAH

vendredi 15 juillet 2005, mis à jour le 12 juillet 2011, par Dr Eric Konofal

Le mécanisme à l’œuvre dans le TDAH est, schématiquement, le suivant :
- Dans le cerveau profond, les neurones fabriquent des neuromédiateurs à partir d’acides aminés essentiels ;
- Ceux-ci sont ensuite transformés en mono-amines, tels que la sérotonine, la noradrénaline ou la dopamine, par exemple.
- Ces mono-amines, pour agir correctement, doivent le faire selon le but visé et " arriver au bon moment " : actionner, ou inhiber la motricité (en ce qui concerne la dopamine, par exemple).

De ce point de vue, 80% des fonctions cérébrales sont tributaires de l’action de la dopamine.

C’est en 1966 que l’Américain CONNERS (créateur du test du même nom) a mis en évidence le rôle du système dopaminergique dans le TDAH.

Concernant l’usage de la Ritaline®, un point est à souligner : il n’y a jamais eu un seul cas de décès lié à l’usage de la Ritaline® dans le TDAH en France.
1300 études environ ont été faites dans le monde, principalement aux USA. Toutes révèlent l’absence de danger de la Ritaline®, dans la mesure où elle est prescrite à bon escient, et seule.
Actuellement, on dénombre une cinquantaine de médicaments neuroleptiques, anxiolytiques ou antidépresseurs sur le marché. Beaucoup d’entre eux possèdent des effets secondaires gênants, voire dangereux, et des cas de décès liés à l’usage de ces médicaments, hélas, ont pu être enregistrés. Aucune campagne d’envergure, comme celle mise en place contre la Ritaline®, n’a pourtant été faite ?!?!
Le Docteur Konofal, rappelle néanmoins qu’à très fortes doses , la Ritaline® peut avoir des effets « cocaïne-like ». Cet effet est aussi celui que l’on a avec toutes les molécules possèdent des propriétés « dopaminergiques et noradrénergiques ». Ceci peut-il contribuer à expliquer la polémique qui s’est instaurée à propos de son usage ? Ces doses expérimentales ne sont pas celles prescrites, heureusement !

Cependant, des investigations neuro-anatomo-physiologiques poussées, ont été menées dans les années 1970/1990.
L’imagerie cérébrale (IRM structurel et structurelle) révèle des "anomalies" dans le TDA en rapport avec l’action de la dopamine.
A défaut d’autre produit, la prescription de Ritaline® s’avère de ce fait justifiée.
A noter qu’il existe aux USA une gamme complète de formes galéniques du méthylphénidate aux amphétamines (interdites en France depuis plusieurs années) : à effet de courte, de moyenne ou de longue durée, à effet différé, etc. .

A noter aussi qu’en Belgique ou en Suisse, par rapport à la France, des dosages plus importants sont souvent préconisés ; cette pratique s’explique, d’une part, par la reconnaissance d’une action de « neuroprotection » que pourrait avoir ce type de médicament, et d’autre part (et pour des raisons plus prosaïques), par les caractéristiques de la structure hospitalière en Belgique (pas de CHU).

Rappelons que le méthylphénidate se classe parmi les inhibiteurs de recapture de la dopamine. Le Docteur Konofal rappelle également que certaines « voies dopaminergiques » : méso-limbique, méso-striatale sont impliquées dans « l’harmonie, l’initiative, et l’humeur » ; donc que la dopamine joue certainement un rôle dans la dépression, expliquant d’ailleurs que certains patients souffrant de TDA aient pu être soulagés par la prise de certains antidépresseurs (les plus anciens notamment) et bénéficier d’un mieux immédiat.

D’autres médicaments sont attendus ou pourraient avoir une action bénéfique :

- L’Atomoxétine : considéré « antidépresseur » au départ, mais qui améliore le déficit d’attention dans la mesure où il exerce une action sur le système dopaminergique.
- Le Modafinil : un médicament (vendu très cher et non pris en charge par l’assurance sociale) possédant une action dans le cadre des altérations des mécanismes de l’éveil.




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