L’adulte

TDAH et addictions

, par Lucia Romo

L’évaluation de la comorbidité liée à un TDAH à l’âge adulte pose de nombreux problèmes, bien qu’elle soit très fréquente.

Au niveau de la population générale, la plupart des études s’accordent sur une prévalence de 4% d’adultes qui présenteraient un TDAH à l’âge adulte.

Différents auteurs constatent qu’entre 50 et 70% des enfants diagnostiqués comme ayant un TDAH conservent des symptômes à l’âge adulte essentiellement des troubles de l’attention.

Environ 70% de ces adultes présenteraient au moins un trouble psychiatrique associé, parmi lesquels : les troubles de l’humeur, les troubles anxieux et l’abus et la dépendance aux substances.

Nous rencontrons fréquemment des adultes hyperactifs qui sont dépendants ou abuseurs d’un produit, majorant ainsi les risques, entre autres, d’accidents de la route, déjà fréquents au départ chez les adultes avec déficits attentionnels, ou d’autres conduites à risque. Ces adultes, viennent souvent dans les consultations de psychiatrie avec une demande d’aide pour une toxicomanie, mais le TDA/H est souvent ignoré.

L’équipe de Biederman avait déjà montré en 1998 que la fréquence des troubles liés à l’abus de substances psychoactives est deux fois plus élevée chez les adultes hyperactifs que chez les non hyperactifs. Le tabac est l’une des substances les plus consommées par les adultes avec TDAH, avec un début précoce lié à l’intensité du trouble attentionnel, car avec ce produits, les personnes améliorent leurs capacités d’attention et de concentration.
Une consommation d’alcool reste également très souvent rencontrée en clinique, celle-ci étant majorée par les symptômes du TDAH, l’alcool est décrit par nos patients comment étant un anxiolytique, une façon de ne pas s’ennuyer et de se décontracter surtout au début de la consommation, avant que la dépendance physique s’installe. La consommation impulsive d’alcool est très fréquente chez les adultes avec TDAH.

Les jeunes adultes hyperactifs nous font souvent part de la consommation d’autres substances comme le cannabis et la cocaïne, la prise en compte de la présence du trouble déficit de l’attention/hyperactivité est nécessaire pour un suivi efficace de ces patients.

Certaines théories expliquent la fréquence élevée de consommation de substances, comme une forme d’auto-médication, tout particulièrement pour le tabac.

La plupart des travaux insistent sur l’intérêt d’une prise en charge sur le modèle des thérapies cognitivo-comportementales (T.C.C.) pour les adultes. Des entretiens de motivation, afin d’aider le patient à avancer dans son processus d’évolution vers un changement d’habitudes (pour l’addiction et aussi pour la gestion du problème d’hyperactivité), de la psycho-éducation (sur la prise du traitement, un style de vie sain etc.) et la mise en place d’un soutien familial permettant l’intégration de la famille, dans un rôle de co-thérapeutes de soutien sont des démarches essentielles à entreprendre si on veut arriver à une évolution favorable pour les patients.

P.-S.

Auteur : L. Romo ; K. Dupont-Houdeyer ; CHU Louis Mourier ; Université Paris X-Nanterre
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