L’adulte

Au-delà de l’enfant, au-delà de l’enfance - TDAH : le devenir à l’âge adulte

Quel devenir pour les adultes TDAH ?

, par Christine Gétin

A la question : « Auriez-vous souhaité être diagnostiqué plus tôt ? », tous les adultes TDAH interrogés répondent « Oui ». Ils estiment qu’un diagnostic précoce leur aurait permis de mieux se comprendre, et d’être mieux compris. Ils auraient pu suivre des études plus poussées, et auraient pu tenir compte de leurs particularités pour choisir un métier plus adapté.

- Professionnellement, les adultes TDAH réussissent particulièrement dans les métiers créatifs (dessin, informatique, politique), les métiers à risque ou d’urgence (pompier, infirmière, militaire) ou les métiers indépendants (médecins, dentistes…)… Par contre, les métiers plus conventionnels (fonctionnaire, comptable…) leur conviennent nettement moins bien. Ils ont alors tendance à changer de métier et de poste tous les deux ans. Ceux qui sont sans diplômes errent de petits boulots en petits boulots ou sont au chômage, souvent contraints à retourner vivre sous le toit parental pour s’en sortir.

- Socialement, les factures impayées, le chômage, l’addiction peuvent les conduire à une désocialisation totale. Ceux qui prennent contact avec l’association sont parmi les mieux informés et les moins désocialisés. Ils ont réussi à maintenir soit une vie familiale, soit une vie professionnelle, rarement les deux.
L’impact de l’entourage sur leur devenir est important. Ceux qui ont été bien entourés par leurs parents parviennent généralement à acquérir un bon équilibre une fois adultes. Une précocité associée semble permettre une compensation et une meilleure capacité d’adaptation.

CONCLUSION

Il existe actuellement entre 10 et 15 centres de diagnostic de TDAH en France, pour environ 200 000 enfants atteints. Six à douze mois d’attente sont nécessaires pour obtenir un rendez-vous…
Pour les adultes il n’existe actuellement que deux services hospitaliers avec une consultation spécialisée et quelques rares consultations hospitalières et privées.

Faisons un rêve ! Imaginons que les centres de diagnostic se multiplient soudain, et abriteraient chacun :
-  une équipe médicale pluridisciplinaire, comprenant psychiatre, neurologue, spécialiste des troubles addictifs, spécialiste des troubles du sommeil, psychologue clinicien ;
-  un centre d’information, qui fournirait de la documentation sur le déficit de l’attention et l’hyperactivité et des guides pratiques ;
-  un centre de thérapies individuelles, familiales et de groupe, proposant des thérapies de type cognitivo-comportementales (TCC), des techniques corporelles, coaching, guidance parentale et psychothérapie classique…
Voilà ce que pourrait être le centre de diagnostic idéal…

P.-S.

"Au-delà de l’enfant, au-delà de l’enfance - TDAH : le devenir à l’âge adulte" par Christine Gétin , Présidente de l’Association HyperSupers TDAH France (Extrait Table ronde à L’hôpital Nécker)
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