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Troubles du sommeil et TDA

, par Dr Eric KONOFAL

Le Docteur KONOFAL suit 120 enfants à l’hôpital Robert DEBRE de Paris . A cette occasion, et dans le cadre de recherches menées en parallèle, il a constaté que les enfants souffrant du TDA ont pratiquement toujours des troubles du sommeil associés

Ces troubles peuvent être :
- Des difficultés à l’endormissement ;
- Ou, à l’inverse, un endormissement rapide, mais un réveil instantané (image de l’enfant qui fonctionne " comme une pile ").

En fait, les troubles du sommeil et/ou de l’attention sont liés au déficit du même système : le système dopaminergique.

Dans le mécanisme du TDA, le sommeil est altéré, son architecture touchée ; le sommeil est souvent fragmenté, même si le sujet ne s’en rend pas toujours compte. Cela peut se traduire aussi par des impatiences dans les jambes, des mouvements périodiques, une motricité inhabituelle et surtout trop importante pendant le sommeil.

Lors d’une polysomnographie (enregistrement d’une nuit de sommeil par une méthode encéphalographique et respiratoire), on constate la présence de cycles plus courts.
A noter que l’utilisation des amphétamines provoque souvent des troubles du sommeil, alors que la Ritaline® " n’abîme pas " le sommeil, sauf chez les hyperactifs purs (sans déficit d’attention par conséquent), chez qui le sommeil est altéré.

Il y aurait ainsi plusieurs profils de TDA : un profil " sommeil " ; un profil " éveil ".

- Profil " sommeil " : 1 sujet sur 3 a une motricité excessive pendant le sommeil ou s’entoure problèmes liés à l’endormissement. Cette motricité consiste en des impatiences ou fourmillements dans les jambes, souvent désagréables et au moment du coucher (le sujet se frotte les jambes par exemple).

Les agonistes dopaminergiques peuvent être utilisés dans ce cadre (ils sont actuellement en cours d’évaluation clinique et pourraient arriver sur le marché du médicament français d’ici 3 ou 4 ans) ; une expérience montre que la prise de ces agonistes contrarie « l’hyperactivité » en début de soirée, et surtout les impatiences dans les jambes.
On peut envisager dans l’avenir l’efficacité des prises de médicaments en soirée (prises vespérales) pour les types de TDA lié à un déficit de sommeil.
Ainsi, le Docteur KONOFAL a pu constater qu’une prise vespérale de Méthylphénidate ( Ritaline® ou Medikinet®) à très faible dose entraîne une amélioration du sommeil, sans qu’il soit besoin de prendre du méthylphénidate dans la journée qui suit.

Il y aurait donc des anomalies de la vigilance dans certains TDAH ? Ceci est une piste de toute façon très intéressante.

- Profil " éveil " : deux molécules sont à l’étude, le Modafinil, molécule "éveillante" chez les TDAH sujet à l’endormissement dans la journée ; l’Atomoxétine (déjà autorisé aux USA), dont les effets dopaminergiques sont également relatés chez l’animal, et qui donc serait un médicament intéressant à considérer dans le TDAH

L’existence de TDAH profils " sommeil " ou " éveil " est prise en compte à l’hôpital Robert DEBRE ; une " échelle de somnolence " a été développée (l’ESEA, d’après le Docteur Lecendreux et collaborateurs).

Conclusion : évaluer la vigilance et traiter l’hypovigilance sont indispensables.

Le déficit de l’attention EST DONC le symptôme « pilier » de ce trouble… l’ignorer serait donc passer à côté de l’essentiel du problème !

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