Informer et soutenir l’enseignant
Dans la mise en oeuvre d’une pédagogie différenciée adaptée à l’enfant : il n’existe pas de méthode type ni de recettes toutes faites, mais une large panoplie de techniques dont l’application et le suivi suppose un renforcement de la coopération entre l’école et la famille. Pour ce faire, les deux parties ont souvent à se détacher d’attitudes trop conventionnelles :
- du côté des parents il est indispensable de transmettre aux enseignants des informations claires sur la nature des troubles de l’élève, les formes qu’ils prennent et les répercussions qu’ils peuvent avoir sur son comportement et ses apprentissages (la communication du diagnostic, sans être obligatoire, peut faciliter les échanges). Il peut également être utile de dire aux professeurs quels traitements et quelles rééducations sont suivis par l’élève. Attention toutefois ces informations ne doivent pas remettre en cause le principe de la liberté pédagogique des enseignants. La relation doit se baser sur la confiance réciproque et l’information constructive, et non sur la critique, voire l’injonction. Il faut préciser également que l’attitude et le comportement de l’élève peuvent être assez différents à l’école et à la maison.
- du côté des enseignants, il faut s’efforcer de comprendre ce qu’est le TDAH, observer précisément la façon particulière dont il retentit sur la scolarité de l’élève. L’enseignant pourra alors accepter la charge de travail supplémentaire que représentent l’élaboration et la mise en œuvre d’une pédagogie adaptée et trouver les ressources qui peuvent l’y aider (ressources documentaires, numériques, conseils d’experts, stages de formation etc.).
C’est dans ce triangle relationnel (parents - enfant - enseignant) que l’enfant avec TDAH doit trouver le soutien et les repères nécessaires pour bâtir son identité d’élève à part entière, malgré ses difficultés et parfois ses souffrances, et, ainsi trouver les ressources suffisantes pour s’investir et réussir dans ses apprentissages.
Impliquer la direction de l’école et de l’établissement
- Dans l’enseignement primaire, c’est le directeur ou la directrice de l’école qui est le garant de la mise en œuvre du projet de scolarisation de l’élève TDAH.
- Dans le secondaire, le principal de Collège et le proviseur du lycée (ou leurs adjoints) ont la même responsabilité.
Ce sont eux qui sont chargés de réunir les équipes éducatives et les équipes de suivi de la scolarisation (ESS).
Il est donc indispensable de les impliquer dès le début de l’année scolaire et de les associer au suivi du projet de scolarisation.
Dans les établissements secondaires (collèges et lycées) les Conseillers principaux d’éducation (CPE) ont également un rôle très important : ce sont eux qui animent l’équipe des assistants d’éducation (AED, « les surveillants »). S’ils comprennent la nature des troubles des élèves, ils pourront mieux intervenir dans les temps de vie scolaire (c’est-à-dire en dehors des cours : récréation, entrées et sorties, cantine, permanences, etc.) pour prévenir les difficultés et éviter les incidents entre élèves et le harcèlement.
Pour exercer ces responsabilités, les équipes de direction, les équipes pédagogiques et les équipes Vie scolaire peuvent mobiliser le Pôle d’Appui à la Scolarité (P.A.S.). Cette collaboration permettra la mise en place d’un P.A.P (Plan d’accompagnement personnalisé) ou d’un P.P.S (Projet personnalisé de scolarisation). Ces documents engagent conjointement l’école et les parents.
En cas de changement d’école ou lors des changements de cycle, le PAS garantit la poursuite des actions engagées, grâce au LPI (Livret de parcours inclusif).
Enfin, dans le cas, où l’enfant avec TDAH présente des besoins éducatifs plus complexes à prendre en charge par l’enseignant, il est possible de faire une demande auprès de la MDPH pour obtenir l’intervention d’une AESH ou l’accompagnement par une équipe médico-sociale qui peut intervenir dans le cadre scolaire (SESSAD, DITEP, DAME etc.).