L’adulte TDAH

Vous avez un TDAH si ?

, par Christine Gétin, Nathalie Couture, Sébastien Weibel

A l’age adulte les manifestations du TDAH ne s’expriment plus tout à fait de la même manière que durant l’enfance, de même que les attentes de votre entourage qui elles même ont évoluées.

Si les critères de diagnostic demeurent généralement similaires tout au long de la vie, leur expression peut, elle, prendre de nouvelles dimensions.

S’organiser : le challenge permanent

On notera chez les adultes que l’une des principales difficultés exprimées porte sur l’organisation et leur propension à chercher des outils pour y palier.
Pourtant ce sont les rois des agendas, post-it, pense-bêtes, applications smartphone… ils ont tout expérimenté, tout testé, à la recherche du Graal : le bon outil d’organisation qui leur convient. En dépit des nombreuses techniques employées, ils demeurent régulièrement en retard.

Ne pas prêter attention (ou trop…) aux détails

Les adultes ont également tendance à peu prêter attention aux détails ou à se focaliser sur certains… en perdant de vue l’essentiel.
Ne vous étonnez pas si votre conjoint TDAH remarque que vous avez changé de coiffure mais oublie que c’est aujourd’hui l’anniversaire de votre rencontre…

Démarrer une nouvelle tâche

Initier un nouveau projet peut aussi constituer une difficulté, car cela nécessite généralement un minimum de planification, ce qui ne constitue pas leur point fort.
La rapidité et l’efficacité de ce démarrage dépend en réalité surtout du niveau de motivation. Il faut donc réussir à trouver la motivation nécessaire à l’enclenchement de ce démarrage, ce qui peut poser problème quand on parle de ménage ou de rangement, par exemple…

Rester concentré sur la tâche

Une fois la tâche engagée, il faut réussir à maintenir sa concentration et à ne pas se laisser distraire, ce qui n’est pas chose aisée. Tout dans l’environnement peut en effet devenir sujet à distraction, sans compter sur le flux permanent de pensées et réflexions internes. Maintenir son attention sur la tâche en cours peut parfois relever de l’exploit !

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Perdre la notion du temps

En effet, lorsqu’une distraction les embarque dans un monde parallèle, la notion du temps s’altère en grande partie, impactant le reste des tâches et les rendez-vous du reste de la journée : oublis et retards deviennent alors monnaie courante…

Perdre des objets

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C’est dans le contexte de cette précipitation quasi permanente que surviennent aussi nombre de pertes d’objets. Certains adultes TDAH en viennent à soupçonner les objets d’être dotés d’une vie autonome, submergés par les stress intenses et réguliers de la quête des clefs, de la télécommande, des lunettes ou de la deuxième chaussure…

La procrastination

Lorsque des tâches très peu motivantes, à l’instar d’une déclaration d’impôts, se présentent avec une échéance longue, le premier réflexe demeure souvent « je suis large », induisant que celles-ci peuvent bien attendre.

Ca n’est pas encore de la procrastination, mais le deviendra bientôt à mesure que le délai se rapproche. Le « je m’en occupe demain » (devenu ainsi de la procrastination), amène souvent à quelques heures de l’échéance fatidique, devenant une nouvelle occasion de pester contre l’informatique, les proches, voire la Terre tout entière pour les obstacles qui surviendront au dernier moment.
Nombreux sont ainsi les TDAH qui s’acquittent de leur impôt avec les fameuses pénalités de retard, que certains finissent même par intégrer comme partie intégrante du processus.

Le perfectionnisme chronique

Pour d’autres, la procrastination va de pair avec une vision si aboutie du projet ou de la tâche confiée qu’ils en deviennent herculéens… La tâche est alors pensée, étudiée et remaniée dans ses moindres détails en concept, mais jamais réalisée dans les faits.

La prise de décision et l’impulsivité

L’impulsivité, autre facteur du TDAH, peut alors jouer un rôle important dans cette lutte contre l’indécision chronique : après avoir repoussé l’échéance autant que possible, la décision à prendre devient alors urgente et peut être prise aux dépens de ses conséquences, « pour se débarrasser ». Cette impulsivité peut ainsi contribuer à la prise de mauvaises décisions, dont les conséquences pourront se faire ressentir sur le long terme.

La prise de risque

Parfois la méthode mise en œuvre pour parvenir à passer en « mode action » s’appuie sur une prise de risque, produisant ainsi le pic d’adrénaline nécessaire à son exécution, un stimulant naturel pour un TDAH, mais qui n’est pas sans danger…

Vous êtes peut-être un TDAH si…

par le Dr sébastien Weibel

  • Vous ne retrouvez pas vos clefs de voiture, et votre conjoint hésite à vous prêter les siennes car vous les égarerez probablement aussi. (Et vous êtes d’accord !)
  • Aller aux courses nécessite trois tentatives. D’abord, vous oubliez votre liste chez vous. Ensuite, lorsque allez la chercher, vous la prenez mais oubliez votre portefeuille (au magasin vous avez votre liste, mais vous ne pouvez pas payer). Habituellement, mais pas toujours, la troisième fois est la bonne.
  • Vous avez assez d’argent à la banque pour payer les factures , mais vous oubliez simplement de le faire !
  • Vous êtes au téléphone et vous avez un moment de panique où vous demandez, « Où est mon téléphone ? »
  • Vous ne pouvez pas voir votre réveil sur la table de nuit, car il est caché par la pile de livres que vous lisez en même temps ou que vous avez l’intention de lire bientôt.
  • Vous trouvez la télécommande de votre téléviseur dans le réfrigérateur.
  • Eternuer vous distrait, vous ne savez plus ce que vous étiez en train de faire.
  • Au lieu de répondre à la question de votre patron, vous vous demandez ce qu’il y aura à manger ce soir.
  • Votre conjoint vous demande un verre d’eau à la cuisine et vous allez vous faire un sandwich.
  • Si régulièrement vous dites « Je suis désolé. Quelle était la question ? »
  • VOTRE AGENDA EST VOTRE VIE
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