L’adulte

Témoignage TDAH adulte : Pascal Adulte, je gère enfin mon hyperactivité

, par Pascal

Feuilletant un livre sur l’hyperactivité dans une librairie, Pascal découvre à 40 ans son TDA/H. Véritable tournant dans sa vie, Pascal, bouleversé, relit au fil des pages le récit de sa propre histoire. Quatre ans plus tard, il raconte son parcours et ses difficultés au quotidien.

Petit, j’étais très motivé par l’école. Contrairement à beaucoup d’enfants hyperactifs, j’étais bon élève, presque toujours en tête de classe. Mais mes bulletins scolaires portaient déjà la marque de mon trouble : « distrait, a du mal à se concentrer, manque d’attention… » Parallèlement, j’avais une très mauvaise estime de moi, me sentant toujours en décalage et différent des autres.
En y repensant, mes problèmes se situaient sur le plan de la sociabilité. Gamin très solitaire, il m’était difficile de trouver ma place au sein d’un groupe. Dans la cour de récréation, on ne voulait pas forcément jouer avec moi. Adolescent, en pension, ce fut le même isolement. Mes camarades me surnommaient « le planeur »… Quolibet anodin qui me blessait autant à l’époque, que les reproches de mes parents et de mes professeurs.

« Dans la vie professionnelle, j’ai la bougeotte »

Passionné d’informatique, j’ai entamé des études d’ingénieur, trouvant là une sorte de vocation. Comme toutes les personnes atteintes du TDA/H, je ne suis bon que dans les domaines qui correspondent à mes centres d’intérêt. Aujourd’hui par exemple, dans mon travail de consultant indépendant, j’ai un mal fou à gérer les petites activités annexes qui se greffent à ma profession : comptabilité, secrétariat, démarches administratives… Comme ces choses ne m’intéressent pas, je peine à soutenir l’attention nécessaire à leur réalisation. Alors, je suis obligé de recourir à la Ritaline pour m’aider.
Globalement, mon insertion professionnelle s’est faite sans problème. Mais aujourd’hui j’ai choisi de travailler à mon compte car je ne supportais plus l’idée d’être « enchaîné » à une entreprise. Je ressens un besoin fréquent de changer de situation. Si je reste trop longtemps au même poste, la routine s’installe et mon attention s’envole. Or, pour rester concentré, il me faut un état d’excitation, que je sois au pied du mur, obligé de devoir m’atteler à la tâche. Le stress agit sur moi comme un dopant. Il n’y a pas si longtemps, j’ai abandonné mon plus gros client (il réalisait 80 % de mon chiffre d’affaires)… Certains m’ont dit que j’étais fou, que je coupais la branche sur laquelle j’étais assis mais le danger me « booste ». En fait, je crois que j’adore la précarité !

Etre atteint du TDA/H m’a appris à rebondir

Au quotidien, je suis obligé de concentrer mon attention sur de petites choses comme traverser la rue pour ne pas me faire écraser, préparer une salade de tomates sans me couper… Résultat, je suis toujours inquiet de ce qui va se passer dans les cinq minutes suivantes, je ne suis jamais cool, tranquille… Evidemment, côté vie amoureuse, cela ne facilite pas les choses. Sans doute parce que j’étais trop instable et que je vivais trop au jour le jour, mes différentes relations n’ont jamais tenu plus de deux ans. Je ne perds pas espoir cependant de fonder un jour une famille et d’avoir des enfants.
Très optimiste de nature, je n’ai jamais connu de véritable dépression. Au contraire, depuis que j’ai été diagnostiqué « hyperactif », je me sens profondément libéré et déculpabilisé. J’ai arrêté de me dire sans cesse « je suis nul » parce que désormais je connais la raison qui m’empêche de mener à bien telle ou telle chose. Le TDA/H m’apprend chaque jour à rebondir par-delà les événements.

Pascal F

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