Le TDAH

TDAH - Le repérage

, par Christine Gétin

Le diagnostic de TDAH peut s’avérer complexe, car il ne s’appuie pas sur un examen simple de type prise de sang permettant de dire « il l’a » ou « il ne l’a pas ». De plus, l’expression du Trouble varie d’un individu à l’autre et les symptômes vont s’exprimer de manière différente selon l’âge, le contexte de vie. C’est la persistance des symptômes au fil du temps, leur présence dans différents environnements et leur retentissement au quotidien qui caractérisent le TDAH.

Par ailleurs d’autres affections, troubles peuvent entrainer l’expression de symptômes semblables, ce qui peut être le cas en présence d’un trouble des apprentissages, d’une précocité intellectuelle, de troubles anxieux, de dépression, de maltraitance, d’un trouble du spectre de l’autisme, d’un trouble du sommeil, etc. De surcroit ces différents troubles peuvent également être associés au TDAH.

Les signes évocateurs

Des signes évocateurs du TDAH© HASL'école et les parents peuvent être alertés par certaines difficultés de l'enfant.

Les parents, les enseignants, l’entourage familial ou professionnel peuvent être alertés par les difficultés de l’enfant, de l’adulte.

Ces difficultés peuvent être :

Pour l’enfant :

  • ne pas avoir d’amis ou très peu,
  • être en conflit avec ses parents,
  • avoir une faible estime de soi

Pour l’adulte :

  • éprouver beaucoup de difficultés à concilier vie professionnelle et familiale,
  • avoir des difficultés pour s’organiser au quotidien et à planifier les tâches
  • une forte tendance à la procrastination, à remettre à plus tard, pour attendre la dernière minute.
  • subir des oublis fréquents et égarer ses affaires facilement,
  • avoir des difficultés à entretenir des relations amicales durables
  • une prédisposition aux addictions.

La famille peut exprimer le fait que l’enfant ou l’adulte :

  • est facilement distrait, n’écoute pas,
  • a des oublis fréquents, éprouve des difficultés à s’organiser,
  • est agité, ne reste pas assis, a des conduites dangereuses,
  • coupe la parole, se montre impatient,
  • parle sans filtre, sans en mesurer les conséquences.

En classe :

  • rêveur, dans la lune,
  • sa capacité de concentration fluctue dans le temps.

Au travail :

  • attend la dernière minute pour produire un rapport, rendre un travail,
  • n’anticipe pas et ne planifie pas, ne prend pas en compte les impératifs de l’équipe,
  • à beaucoup de difficulté à finaliser un projet,
  • s’immisce dans les conversations des autres.

Le repérage

TDAH, le repérage© HASLe médecin généraliste est la personne clé pour repérer et établir un pré-diagnostic.
Le médecin qui est en contact régulier avec la famille pourra repérer si l’enfant ou l’adulte est susceptible de présenter un TDAH, en s’appuyant sur :

  • des entretiens avec l’enfant et ses parents ou l’adulte. (antécédents médicaux et familiaux, spère familiale, environnement scolaire, environnement professionnel, etc.)
  • un examen clinique de l’enfant, de l’adulte,
  • des échelles ou des entretiens spécifiques au TDAH (SNAP-IV, Conners, ADHD-RS, …)
  • une recherche des diagnostics associés ou différentiels.
Diagnostics associés ou différentiels
Trouble des apprentissages (Dyscalculie, Dysorthographie, Dyslexie) Trouble du spectre de l’autisme
Trouble de l’opposition avec provocation Trouble du développement intellectuel
Trouble des conduites Précocité intellectuelle
Troubles de l’usage de substances Troubles anxieux, dépression
Comportement à risque (abus de substances, mise en danger, …) Troubles bipolaires
Troubles du sommeil Troubles de la personnalité (adultes), etc.

TDAH, le diagnostic et la prise en charge© HASSeul le médecin spécialiste du TDAH peut confirmer le diagnostic et proposer une prise en charge et un accompagnement adaptés à chaque enfant.

Dans l’attente du diagnostic, le médecin pourra :

  • orienter l’enfant ou l’adulte vers un médecin spécialiste, s’il suspecte un TDAH
  • informer la famille, l’entourage de cette hypothèse diagnostique, et de la nécessité d’entreprendre une démarche auprès d’un spécialiste, qui fera l’évaluation et proposera la prise en charge adaptée.
  • donner des conseils et stratégies pour gérer les difficultés au quotidien
  • expliquer le TDAH et ses spécificités
  • orienter vers une association de patients
  • proposer une prise en charge pour les troubles associés déjà identifiés.
  • proposer des mesures d’accompagnement scolaire, ou professionnel

Après le diagnostic

Une fois le diagnostic posé, le médecin de famille pourra organiser le suivi en coordination avec le spécialiste et les autres intervenants impliqués dans la prise en charge, et revoir régulièrement l’enfant et sa famille ou l’adulte, afin de suivre l’évolution des symptômes.

Les prises en charge possibles

  • Non médicamenteuses :
    • de la psychoéducation,
    • des thérapies cognitivo-comportementales,
    • de la guidance parentale
    • des aménagements scolaires
    • des aménagements au travail
  • Médicamenteuse : du méthylphénidate

Cet article traite du repérage chez l’enfant en s’appuyant sur les recommandations publiées par la HAS en 2015.
Nous attendons les travaux de la HAS afin de pouvoir mieux aborder le sujet du TDAH chez l’adulte, même si ici nous avons abordé ce point en nous appuyant sur notre expérience du sujet.

P.-S.

Sources https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2015-02/tdah_synthese.pdf
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