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Ritaline : « on peut faire en sorte que ces enfants en souffrance deviennent des adultes épanouis »

, par Christine Gétin, directrice

En réponse a l’éditorial publié dans son numéro du 7 juin dernier le magazine Elle à publié un article de Madame Dorothée Werner

Extrait de l’article :

Pour faire le point sur cette maladie, Christine Getin, présidente de TDAH France, l’association qui regroupe depuis 11 ans 3 800 personnes concernées par le « Trouble Déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité », répond à nos questions.

Nous ne sommes pas pro-médicaments, mais nous sommes attentifs à ce que les enfants en souffrance puissent bénéficier du meilleur diagnostic possible et de la plus juste prise en charge, médicamenteuse au besoin, dit-elle.
Ce médicament à base de méthylphénidate, Ritaline ou autre, est un psycho-stimulant qui va améliorer les mécanismes d’éveil pour des personnalités qui ne sont pas forcément agitées mais parfois simplement dans la lune en permanence.
Ce sont des enfants en grande souffrance, souvent en proie à l’incompréhension voire au rejet de la société ou de l’école.
En France, cette prescription est extrêmement réglementée, il faut passer par un psychiatre ou un neuro-pédiatre pour l’obtenir et manifester des troubles profonds pour l’obtenir. Les patients doivent avoir la meilleure information possible, y compris sur les effets secondaires éventuels. Mais la solution possible pour ces enfants réside dans une synergie entre les parents, les médecins, les psys, l’école… Et la médication seule ne suffit pas, il faut évidemment une prise en charge psychologique et bien souvent un aménagement scolaire. Et cela marche : en s’unissant, les adultes peuvent aider ces enfants en souffrance à mieux fonctionner. Mais la souffrance ne se guérit pas avec un médicament mais en ouvrant aussi un espace de parole, de compréhension. C’est un travail de chaque instant, mais on peut faire en sorte que ces enfants deviennent des adultes épanouis.

Voici des témoignages de parents ayant un enfant atteint du « Trouble Déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité ». Le magazine Elle a choisit d’en publier quelques extraits, dont voici certains :

« (…) Pensez-vous vraiment que nous n’avons pas essayé tout ce qui était possible, accessible, pour nos enfants… NON, ils ne sont pas mal élevés, ils sont HANDICAPES, oui, malheureusement ou heureusement, cela ne se voit pas tant que cela, juste qu’ils sont ingérables, perturbateurs, dans la lune (!), toujours en opposition, insultant parfois, violents aussi … mais nous sommes leurs parents et notre vœu est de les aider au mieux de nos connaissances et possibilités. Alors, oui , il y a ce médicament, "magique" oui car effectivement, nos enfants retrouvent une vie "sociale et sociable", suivent en classe, poursuivent des études et finiront par réussir à leur niveau mais ils feront sans doute ce qu’ils ont envie… et cette "pilule magique" (…) Cette petite pilule, pour nous, pour notre enfant, c’est une vie sociale, une vie scolaire , une vie "un peu plus calme" pour nous, et comme elle nous a dit après quelques jours de traitement : c’est moins le bazar dans ma tête… On ne lui donne que pendant les périodes scolaires… pendant les vacances, il faut "la gérer" !
Une maman en colère, qui fait au mieux pour aider, accompagner, gérer , soutenir… son enfant qui n’est pas une "droguée".
Véronique

« Ces familles se heurtent au quotidien à de nombreux obstacles financiers, organisationnels, scolaires et font face, chaque jour, à des situations d’incompréhension, de rejet, et d’échec.
Aucune d’entre elles n’est en recherche de « camisole » ou de « muselière » chimiques. Toutes sont par contre, pleinement conscientes des souffrances de leur enfant, des risques pour leur développement, et de la difficulté qu’il peut y avoir, lorsque les professionnels consultés estiment que cela est nécessaire, à accepter une médication qui est tant décriée, souvent mal comprise et toujours envisagée comme n’étant que l’un des aspects d’un parcours, qui allie suivi médical, rééducations, guidance psycho-éducative et aménagements d’une scolarité souvent semée d’embûches. (…) ».
Katia Gabrielle, mère de deux enfants concernés par le Trouble Déficit de l’Attention/Hyperactivité

« Notre fils est atteint de TDAH. Il a passé la plus grande partie de sa scolarité de primaire à l’écart du groupe, malheureux, rejeté par les autres élèves et désigné par les enseignants comme perturbateur. Sa table de classe placée dans le couloir, les journées dans le bureau du directeur ou au coin dans la cour. Les cahiers déchirés, les affaires perdues et surtout, surtout, ce regard des autres qui accable. Jamais d’invitations aux anniversaires. Les mots des autres parents pour se plaindre de son comportement.
Depuis la maternelle, nous avons tenté de l’aider de toutes les manières possibles : psychologue, psychomotricité, rééducation graphique, méthode de barkley, groupes de paroles, etc. Nous avons longtemps refusé le traitement par méthylphénidate, par principe et par crainte. (…) Notre fils est maintenant sous Concerta depuis 2 ans, depuis l’entrée au collège. C’est un choix que nous n’avons pas fait avec légèreté, c’est une décision douloureuse et difficile à prendre et bien sûr que nous aurions souhaité agir différemment. Mais sa vie en a été fondamentalement changée, sur le plan relationnel, scolaire mais surtout sur son bien-être. Comme tous les parents, ce que nous souhaitons au plus profond de nous même, c’est de voir nos enfants grandir heureux. »
Alix

Un témoignage émouvant écrit en réaction à l’article
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