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Journée Ribot-Dugas

Remise des prix

, par Christine Gétin

Présentation du jury

Le jury est composé des membres suivants :
- Pr Philippe EVRARD, neuropédiatre et président du Jury.
- Mme Armelle REGNAULT THERY, chercheur en immunologie,
membre du CA HyperSupers ;
- Mme Dominique DONNET KAMEL, chargée de mission à l’Inserm ;
- Pr Philippe MAZET, pédopsychiatre à l’hôpital de la Pitié-
Salpêtrière ;
- Dr Emilie SCHLUMBERGER, neuropédiatre à l’hôpital de Garches ;
- Dr Jacques BOUCHEZ, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne ;
- Mr Pierre LAPORTE, neuropsychologue exerçant à Périgueux ;
- Mme Monique TOUZIN, orthophoniste à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre ;

De Théodule RIBOT à Michel DUGAS - Dr E. Konofal

Théodule RIBOT et Michel DUGAS sont deux figures emblématiques de l’histoire du TDAH.

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Eric Konofal

Théodule RIBOT est le premier à avoir opéré la translation de la philosophie vers la psychologie. Ce breton est le père de la psychologie française et de la psychologie anglaise contemporaine. Il est également le père de la revue philosophique en France et à l’étranger. Avec son ouvrage « La psychologie de l’attention », Théodule RIBOT est devenu le chercheur de l’attention, distinguant l’attention volontaire de l’attention involontaire, l’attention neurologique de l’attention dirigée, l’attention instinctive de l’attention dynamique.

Académicien des sciences morales et politiques, Théodule RIBOT laisse un magnifique testament, notamment à Ludovic DUGAS, qui mettra l’accent sur le lien entre psychologie, intelligence et système nerveux central. Michel DUGAS, son petit-fils, insistera sur l’importance des traitements chez l’enfant et de la psychopharmacologie. Il formera toute une équipe à l’hôpital Hérold, puis à l’hôpital Robert Debré. Il développera une philosophie du traitement spécifique et intelligent. Son équipe, constituée de penseurs plus que de prescripteurs, travaillera harmonieusement avec les orthophonistes, les psychomotriciens, les éducateurs, les psychologues, les pédiatres généralistes ou spécialistes, les sociologues, etc. Michel DUGAS est également le fondateur des premiers congrès de pharmacologie chez l’enfant et le premier critique de l’hyperkinésie.

Michel Dugas portrait - Pr M-C MOUREN

Michel Dugas a été Chef de Service dans trois lieux prestigieux : la Salpêtrière, l’hôpital Hérold et l’hôpital Robet Debré. Le Professeur Marie-Christine MOUREN tient à souligner l’originalité de sa personnalité, car Michel Dugas était très en avance sur son temps. Elle le décrit comme un homme en quête permanente d’innovations et un précurseur courageux. Il savait défendre ses convictions et ses pratiques devant des auditoires souvent sceptiques et parfois hostiles. Cela lui a permis de conforter ses idées car « il y croyait ». Il n’a jamais essayé de plaire, sous peine d’être soumis à des compromissions.

Michel Dugas possédait une force de caractère exceptionnelle mais aussi et surtout, une excellente connaissance de la culture anglo-saxonne et de la langue anglaise, ce qui était assez rare à l’époque. Il s’est formé lui-même toute sa vie et a mis ses connaissances au service des différents départements qu’il a organisés et qu’il gérait avec une grande rigueur.

Il était aussi un enseignant novateur en clinique : il a notamment décrit l’hyperactivité en des termes extrêmement modernes. Le Professeur Marie-Christine MOUREN souligne sa personnalité forte, son souci de l’innovation et son ouverture sur le monde extérieur. Beaucoup de ses élèves se sont spécialisés en Psychiatrie de l’enfant, en Psychologie, en Psychomotricité, en Orthophonie. Ils ont « essaimé » en province, poursuivant ses travaux.

Aujourd’hui il est important de continuer à former des équipes jeunes et motivées dans le domaine de l’hyperactivité, partout en France.

Le Prix Ribot-Dugas

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Sophie Donnadieu

Le prix Ribot-Dugas est décerné par le Professeur Marie-Christine MOUREN, chef du service de psychopathologie de l’enfant et del’adolescent à l’hôpital Robert Debré, à Sophie DONNADIEU, maître de conférences en psychologie à Chambéry et docteur en psychologie, pour son projet intitulé « Evaluation de l’attention sélective dans le TDAH : délai développemental versus déficit structural ? »

Sophie DONNADIEU explique que son projet a pour objectif de caractériser les troubles d’attention sélective chez les individus présentant un TDAH. Il s’agit de montrer que des troubles de l’attention sélective sont présents particulièrement dans les situations impliquant un traitement temporel de l’information et qu’ils ne sont pas spécifiques à la modalité sensorielle.

Il s’agit également de montrer que les troubles attentionnels observés
correspondent à un retard développemental plutôt qu’à un déficit structural des processus d’attention sélective. L’évaluation des processus d’attention sélective temporelle visuelle et auditive sera réalisée chez des individus tout venants et des individus présentant un TDAH.

La mise en évidence d’un retard développemental de l’attention plus que d’un
déficit structural de celle-ci dans le TDAH impliquera une remise en question des modèles
actuels du TDAH.

+ d’info sur Le prix Ribot-Dugas 2011

Le Prix Spécial du Jury

• Le prix spécial du Jury est décerné par le Professeur Philippe
EVRARD à Florence PUPIER, avec la collaboration du Dr
Nathalie FRANC et du Dr Diane PURPER-OUAKIL, pour leur
projet intitulé « Mesure de l’insight dans le trouble déficit
attentionnel hyperactivité ».

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Florence Purpier

Florence PUPIER rappelle qu’en psychiatrie, l’insight peut être défini par le niveau de conscience du trouble. L’évaluation de cette dimension a pris une importance croissante ces dernières années dans les recherches sur les pathologies psychiatriques de l’adulte car de sa qualité dépendent le degré d’implication dans la prise en charge, l’observance du traitement et par conséquent le pronostic. Il existe peu de données sur cette dimension dans le TDAH, et plus généralement dans les troubles de l’enfant. Il n’y a d’ailleurs pas de moyen de l’évaluer.

Florence PUPIER propose donc comme mesure de l’insight la capacité de l’enfant à auto-évaluer ses symptômes de TDAH sur la base de l’index entre l’Attention Deficit Hyperactivity Disorder-Rating Scale selon l’enfant et selon les parents.
Une soixantaine d’enfants âgés de 6 à 15 ans diagnostiqués comme porteurs d’un TDAH et non encore pris en charge seront inclus. Après avoir éliminé les facteurs de confusion possibles, comme l’âge et le quotient intellectuel, la validité externe de cette mesure sera vérifiée par comparaison au score d’autodétermination à la Junior Temperament and Character Inventory. Une corrélation positive entre insight élevé et autodétermination est attendue.

Cette cohorte sera ensuite réévaluée à distance après prise en charge, soit
médicamenteuse, soit non médicamenteuse, pour déterminer si cette mesure de l’insight
est stable dans le temps ou, au contraire, se modifie en fonction de la prise en charge, si
elle constitue un facteur pronostic de réponse au traitement, et s’il est utile de l’inclure
dans les évaluations en pratique quotidienne.

+ d’info sur Prix Spécial du Jury 2011

Le Prix HyperSUPERS

• Le prix HypersSUPERS est décerné par Christine GETIN à Sarah
LE ROCHELEUIL pour son projet intitulé « Dépistage et
prévalence du trouble de déficit d’attention avec ou sans
hyperactivité chez des adultes suivis pour un trouble addictif ».

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Sarah Lerocheleuil

Sarah LE ROCHELEUIL indique que, malgré la souffrance et les
conséquences importantes induites par le TDAH, ce trouble reste
encore largement sous-évalué en population adulte. Le TDAH représente pourtant un
facteur de risque dans le développement et le maintien des pathologies addictives. Son
étude vise ainsi à favoriser un meilleur repérage du TDAH au sein de structures
spécialisées dans la prise en charge de problèmes addictifs. Il s’agit d’identifier la
proportion de patients atteints d’un TDAH parmi les personnes consultant pour un trouble
addictif, ainsi que les caractéristiques spécifiques de cette association comorbide.

Au total, 363 participants ont été interrogés lors de la première phase de l’étude et 42
d’entre eux ont été reçus en entretien dans le cadre de la seconde partie de l’étude. Les
résultats insistent sur les difficultés liées au dépistage du TDAH au sein d’une population
d’adultes suivis pour des troubles addictifs. La discordance entre les différents outils
d’évaluation suggère une prévalence comprise entre 3,3 % et 25,3 %.

Cette disparité des
résultats amène à s’interroger sur la validité et la pertinence des différents questionnaires
d’auto-évaluation du TDAH et des critères du DSM-IV à l’âge adulte.
Les sujets suivis pour un trouble addictif et ayant un TDAH apparaissent essentiellement
en proie à des difficultés attentionnelles et de gestion de la vie affective.

Ceci reste vrai
aussi bien dans l’enfance qu’à l’âge adulte. Les participants présentant des symptômes du
TDAH en plus de leurs troubles liés à la consommation de substances ont également
davantage de comorbidités psychiatriques et un risque suicidaire plus élevé que les autres
usagers. Leur estime de soi apparaît inférieure à celle de la population générale.

+ d’info sur Le Prix HyperSupers 2011

Les Coups de Coeur

Les quatre prix coups de coeur du Jury sont décernés par le Dr Michel
LECENDREUX.

• LE PREMIER PRIX COUP DE COEUR est décerné à Régis LOPEZ pour son projet intitulé « Parasomnies du sommeil profond dans le TDAH de l’enfant : étude prospective descriptive cas-témoins ».

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Régis Lopez

Le trouble déficit d’attention/hyperactivité touche environ 5 % des enfants
d’âge scolaire. Les pathologies du sommeil forment une comorbidité très
fréquente dans ce trouble impliquant leur rôle dans la physiopathologie du TDAH. Très
peu d’études se sont intéressées à l’association du TDAH avec les parasomnies du
sommeil lent profond. Régis LOPEZ et son équipe proposent donc, au moyen d’une étude
cas-témoins, d’étudier la fréquence de ces parasomnies et d’autres troubles du sommeil
ainsi que l’impact de ces comorbidités sur différentes dimensions neuropsychologiques
chez les enfants TDAH.

Cette étude devrait objectiver une prévalence augmentée des
troubles du sommeil et notamment des parasomnies du sommeil lent profond chez les
enfants TDAH, de préciser leurs impacts sur le fonctionnement diurne et, à l’avenir,
d’améliorer la prise en charge de ces enfants en tenant compte de ces comorbidités.

• LE DEUXIÈME PRIX COUP DE COEUR est décerné à Céline DARROU pour son projet intitulé « Evaluation des effets d’un programme cognitif et comportemental de groupe chez des enfants souffrant d’un trouble/déficit de l’attention avec hyperactivité ».

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Céline Darrou

L’objectif principal de la mise en place de ce type de groupe est de proposer
une alternative au traitement médicamenteux pour des enfants n’ayant
aucune prise en charge spécifique de leur trouble et de vérifier les effets sur
les habiletés d’autorégulation comportementales et sur les stratégies cognitives.

L’objectif
secondaire est d’améliorer leur qualité de vie et de favoriser une meilleure intégration dans
leur environnement social, familial et scolaire. Cette étude pilote mesurera les effets de
20 séances hebdomadaires et d’une intervention cognitive et comportementale de groupe
proposée à des enfants avec TDAH. Ces séances s’accompagnent de séances pour les parents, au cours desquelles une information et des conseils sur la gestion du quotidien
sont donnés. Une évaluation sera réalisée avant et après les séances. Des outils
standardisés seront utilisés et permettront d’évaluer objectivement les progrès de l’enfant.

Les résultats attendus sont une amélioration des capacités d’autorégulation
comportementale et cognitive.

• LE TROISIÈME PRIX COUP DE COEUR est décerné à Frédérique AMSELLEM pour son projet intitulé « La remédiation cognitive assistée par ordinateur : son rôle dans la prise en charge du TDAH ».

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Frédérique Ansellem

Le but de l’étude est d’évaluer le rôle de la remédiation cognitive assistée
par ordinateur pour chacune des fonctions cognitives impliquées dans le
TDAH. Frédérique AMSELLEM et son équipe proposent d’évaluer en pré et
post-entraînement les fonctions cognitives d’enfants avec TDHA et d’enfants dits
« témoins ». L’entraînement s’effectue à l’aide du logiciel PRESCO créé par un neurologue
et des orthophonistes pour l’entraînement aux fonctions cognitives. Il aura lieu lors de
20 séances d’une durée de 20 minutes. Les données seront ensuite traitées
statistiquement.

Le traitement statistique portera premièrement sur l’évolution des résultats
aux différents exercices aux cours des 20 séances. Deuxièmement, seront comparés trois
groupes de sujets : les sujets atteints avec entraînement, les sujets atteints avec TCC et
les sujets non atteints. Ces trois groupes seront comparés sur des épreuves
neuropsychologiques standardisés de mesures des fonctions cognitives en pré et postentraînement.

Les résultats devraient montrer une différence significative dans les scores
au début de prise en charge et à la fin des 20 séances ainsi qu’une différence significative
entre les groupes de sujets.

• LE QUATRIÈME PRIX COUP DE COEUR est décerné à Michaël REBER pour son projet intitulé « Un modèle murin du TDAH basé sur une perturbation des cartes multisensorielles dans le colliculus supérieur ».

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Mickael Reber

Une hypothèse récente suggère que les patients TDAH présenteraient un
déficit de l’intégration multisensorielle au niveau du colliculus supérieur.
Cette structure sous-corticale est le premier lieu d’intégration des informations visuelles,
auditives et somato-sensorielles. Elle contrôle les saccades oculaires, les mouvements de la tête et aurait un rôle dans l’attention.

Le laboratoire de Michael REBER possède une lignée de souris mutantes présentant des perturbations précisément caractérisées des cartographies sensorielles du colliculus.

Une première étude comportementale révèle que ces souris présentent des signes
d’impulsivité et des défauts d’attention, mais ne sont pas hyperactives. Ce phénotype
rappelle celui des patients TDAH avec inattention prédominante.

L’objectif du projet est donc de confirmer ces résultats par des tests plus spécifiques et de réaliser ces études sous traitement aux psychostimulants afin de valider les souris comme un modèle potentiel de TDAH. L’ensemble des modèles murins de TDAH caractérisés à ce jour sont basés sur un dysfonctionnement de la machinerie moléculaire de transmission monoaminergique, cause de l’hétérogénéité des réponses aux traitements psychostimulants chez ces souris.

Le modèle d’étude, d’un sous-type du TDAH,
s’ajouterait aux modèles existants et ouvrirait la voie à une approche de type biologie des systèmes et des réseaux, donnant une vision plus globale de cette maladie et permettant d’explorer de nouvelles pistes thérapeutiques.

+ d’info sur Les Coups de Coeur du Prix Ribot-Dugas 2011

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