Le TDAH

Rééducation psychomotrice et TDAH Intervention de Jean-Michel Albaret

, par Albaret Jean-Michel

Rééducation psychomotrice et TDAH

La rééducation psychomotrice du trouble déficit de l’attention/hyperactivité est un des éléments d’une prise en charge thérapeutique multimodale, dont la
supériorité est désormais bien établie (The MTA Cooperative
Group, 1999). A côté du traitement médicamenteux (Spencer
et al ., 1996), des interventions auprès du milieu scolaire et
des parents (Saiag et al., 2007), la prise en charge
individuelle en psychomotricité est bien souvent
incontournable (Marquet-Doléac et al. 2005).

Structuration de la séance

La structuration de la séance de rééducation psychomotrice permet de mettre en place et d’expérimenter certains mécanismes de contrôle du comportement qui font défaut à l’enfant TDAH (Barkley, 1997). Il s’agira ainsi de multiplier les mises en situation de courte durée de façon relativement dynamique, de déterminer à l’avance avec l’enfant le contenu et l’organisation des séances, de matérialiser le temps par une grosse horloge que l’enfant peut consulter à tout moment et de mettre en place des renforcements positifs, immédiats et continus seuls à même d’avoir une quelconque influence bénéfique sur l’enfant.

Techniques spécifiques

Différentes techniques sont utilisées pour faciliter l’apprentissage de l’inhibition comportementale et notamment l’utilisation du soliloque au sein de programmes
d’auto-instructions (cf. Albaret, sous presse, pour une revue) et des techniques de résolution de problèmes. Le rôle des auto-instructions ou soliloque a été étudié par Meichenbaum et Goodman (1971) sur des enfants d’école primaire présentant des problèmes scolaires et de comportement.

Ce soliloque est déficient chez l’enfant atteint de TDA/H.
Il l’acquiert plus tard et toutes les étapes de son contrôle sont retardées. Le programme d’auto-instruction a donc pour but de restaurer ces capacités. Au départ, l’adulte donne des instructions à l’enfant pour l’aider à régler son comportement
moteur.

Dans un second temps, l’enfant intériorise les instructions pour contrôler lui-même, sans intervention extérieure, sa propre activité motrice. L’apprentissage par
auto-instruction est un apprentissage cognitif, directif qui propose une explicitation verbale des stratégies à utiliser pour mener à bien la tâche.

La résolution de problèmes consiste à expérimenter différentes stratégies pour résoudre des situations problèmes impersonnelles ou interpersonnelles :
explicitation des différents aspects du problème, production de solutions, évaluation de leurs qualités, choix d’une solution, réalisation suivie d’une analyse des conséquences observées.

Jean-Michel Albaret

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