L’association

Parcours de soin et scolaire des enfants TDAH 2025

, par Christine Gétin, directrice

Enquête parcours de soin et scolaire des enfants avec TDAH réalisée en 2025

PARCOURS DES ENFANTS AVEC UN TDAH

L’enquête nationale menée entre octobre et novembre 2025 auprès de 1 556 familles d’enfants de moins de 19 ans présentant un Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité met en évidence des difficultés persistantes dans l’accès au diagnostic, aux soins et à la scolarisation adaptée.

UN PARCOURS DIAGNOSTIQUE TOUJOURS TARDIF ET COMPLEXE

L’âge moyen de première consultation pour suspicion de TDAH s’établit à 6,6 ans, tandis que l’âge moyen du diagnostic atteint 8,4 ans, soit un délai moyen de 21 mois entre les premières démarches et l’obtention d’un diagnostic.

Age diagnostic

Si ce délai est en légère diminution par rapport à 2022 (23 mois), l’entrée dans le parcours de soins tend à être plus tardive, de même que l’âge moyen du diagnostic, limitant les bénéfices attendus d’un repérage précoce.

Age 1ére démarche
Age diagnostic



Cette amélioration partielle se retrouve également dans la répartition des délais : en 2025, 59 % des enfants obtiennent un diagnostic en moins d’un an, contre 37 % en 2022. À l’inverse, 41 % des enfants attendent encore plus d’un an pour accéder au diagnostic, contre 63 % en 2022.

Ces résultats traduisent une amélioration réelle de la rapidité du diagnostic pour une partie des enfants, mais ils confirment également le maintien de délais excessifs pour une proportion encore importante de familles.

Diagnostic délai

Des disparités importantes persistent :

  • les enfants présentant un TDAH à prédominance inattentive sont diagnostiqués plus tardivement (9,6 ans en moyenne**) ;
  • les filles sont également diagnostiquées plus tard que les garçons (8,7 ans**).

UNE FORTE PRÉVALENCE DES TROUBLES ASSOCIÉS

Dans 67 % des situations, le TDAH s’inscrit dans un contexte de troubles associés, notamment :

  • troubles des apprentissages (30 %),
  • trouble de l’opposition avec provocation (25 %),
  • troubles anxieux (23 %),
  • troubles du développement de la coordination (20 %),
  • troubles du sommeil (18 %),
  • trouble du spectre de l’autisme (12 %).
    Ces comorbidités complexifient les parcours de soins et nécessitent une approche globale et coordonnée.

UNE PRISE EN CHARGE ACTIVE MAIS INSUFFISAMMENT STRUCTUREE

Une majorité d’enfants bénéficie d’une prise en charge :

  • 62 % reçoivent un traitement médicamenteux,
  • 49 % suivent une ou plusieurs thérapies (orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, psychothérapie).
Suivi

Ces données traduisent une mobilisation importante des familles, mais interrogent la lisibilité et la coordination de l’offre de soins.

DES DISPOSITIFS SCOLAIRES MOBILISES MAIS PARTIELLEMENT ACCESSIBLES

Sur le plan scolaire :

  • 76 % des familles ont sollicité des aménagements,
  • 68 % en ont effectivement bénéficié.

Les dispositifs mobilisés sont principalement :

  • le PAP (32 %),
  • le PPS (21 %),
  • le PPRE (6 %).

Toutefois, près d’un tiers des enfants reste sans aménagement malgré une demande.

DES DIFFICULTES PERSISTANTES DANS L’ACCES AUX DROITS VIA LA MDPH

  • 67 % des familles ont déposé un dossier MDPH,
  • 72 % ont obtenu une réponse positive, en baisse par rapport à 2022,
  • 27,6 % des demandes ont été refusées, proportion en augmentation.

Parmi les refus documentés :

  • 53 % correspondent à des dossiers toujours en cours de traitement,
  • 29 % à une non-reconnaissance du handicap,
  • 6 % à des refus sans explication.

Ces éléments témoignent de délais d’instruction importants et d’un accès aux droits encore inégal.

Parcours scolaire

UN IMPACT SCOLAIRE SIGNIFICATIF

Les difficultés scolaires restent marquées :

  • 14 % des enfants ont redoublé,
  • 18 % ont été exclus au cours de leur scolarité, avec une surreprésentation des garçons (21 % contre 4 % des filles).

Par ailleurs, 37 % des familles jugent insatisfaisantes leurs relations avec les enseignants, malgré une légère amélioration depuis 2022.

UN LIEN DEMONTRE ENTRE RETARD DIAGNOSTIQUE ET ECHEC SCOLAIRE

L’analyse met en évidence un lien significatif entre l’âge du diagnostic et les difficultés scolaires (redoublement, exclusion ou déscolarisation).

Ce résultat souligne l’importance déterminante d’un diagnostic précoce pour prévenir les ruptures de parcours éducatif, à la condition que l’éducation nationale et les enseignants prennent en compte les besoins effectifs des élèves.
Il y a nécessité à mettre en place un programme de prévention des exclusions pour qu’elles soient évitées et que le TDAH des élèves soit pris en compte.

UNE SITUATION GLOBALEMENT STABLE MALGRE DES AJUSTEMENTS A LA MARGE

Comparativement à 2022, les évolutions restent limitées :

  • légère réduction des délais diagnostiques,
  • stabilité du recours aux soins et des dispositifs scolaires,
  • allongement des délais de réponse des MDPH.

POUR L’ACTION PUBLIQUE

Ces résultats confirment que, malgré des avancées ponctuelles, le parcours des enfants présentant un Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité demeure long, complexe et insuffisamment structuré.

Ils mettent en évidence :

  • la nécessité d’un repérage et d’un diagnostic plus précoces ;
  • l’urgence de renforcer la coordination des parcours de soins ;
  • le besoin de fluidifier l’accès aux dispositifs scolaires et aux droits ;
  • l’importance de réduire les délais de traitement des MDPH.

Vous pouvez consulter les résultats bruts de l’enquête réalisée du 17 octobre au 15 novembre 2025, concernant le parcours de soin et scolaire d’enfants ayant un TDAH

Grâce à vos réponses nous pouvons faire un état des lieux sur le parcours de soin et le parcours scolaire des enfants TDAH.


Vous pouvez retrouver ci dessous les résultats des enquêtes précédentes

2022

2018

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