Actualités

Les thérapies comportementales et cognitives dans l’approche psycho éducative

, par Dr Frédéric Kochman

1. Equilibre entre systèmes de renforcement et d’extinction

Un enfant réclame le droit d’allumer la télé

refus princeps des parents

Les parents fatigués cèdent

l’enfant hurle, se met en crise

Il y a double renforcement :

  • Renforcement positif pour l’enfant
  • Renforcement négatif pour les parents

2. Paradoxe de l’attention des parents

Un enfant préférera toujours une attention même négative que pas d’attention du tout…l’enfant est en recherche permanente d’attention positive et d’affection.
Lorsque l’enfant se comporte bien, il n’y a pas de souci, MAIS pas d’attention particulière de la part des parents.
Lorsque l’enfant se comporte mal, les parents focalisent alors leur attention, sont interpellés, passent beaucoup plus de temps avec l’enfant pour corriger son comportement, crier, le punir. Inconsciemment, l’enfant aura naturellement tendance à la provocation affective, surtout lorsque l’attention positive et affective des parents est insuffisante.

  • Ne pas forcément se précipiter quand un enfant pleure ou se plaint (mal au ventre…)
  • Essayer d’analyser les causes de cette demande affective
  • Parfois, feindre d’ignorer ces provocations affectives
  • Au contraire, manifester une grande attention positive lorsque tout va bien

En terme de psychothérapie Cognitive et Comportementale, il faut le renforcement positif des bons comportement et extinction des comportements inappropriés.

3. Il faut passer 90% du temps avec son enfant sur ce qui va bien, et 10% sur ce qui va mal

Attention négative

Focalisation sur ce qui va mal

Baisse de l’estime de soi

-Tu me déçois
- Tu es méchant
- J’en ai marre de toi
- par rapport aux autres
- Je ne veux plus te voir

Au plus, un enfant a confiance en lui, au plus il a conscience de ses défauts.

Attention positive

Enfant valorisé et en confiance

Augmentation de l’estime de soi

-Je suis fier de toi
- Tu es très sage aujourd’hui
- Merci de ce que tu as fait
- Je t’aime

Il y a un double renforcement :
- Renforcement positif pour l’enfant
- Renforcement de l’estime de soi

Applications Pratiques

Obéissance et Punitions

Ne surtout pas habituer les enfants « à répéter 10 fois la même chose » (sinon renforcement positif)

On obéit dès la première fois

Sinon, une menace : tu devras obéir de toute façon, et en plus, une punition avant

Tenir bon, quoiqu’il arrive ! (Rappeler respect - hiérarchie, pas d’inversion des rôles)

Toujours expliquer après coup que les parents sont fermes et punissent si nécessaire parce qu’ils aiment leurs enfants !

Inversion des rôles et insécurité affective

Toujours se poser la question suivante : est-ce moi ou mes enfants qui commandent ?

Tests affectifs permanents de nos enfants : « maman, papa, est-ce que vous m’aimez ? »

Désamorcez ces bombes et rendez vos enfants sûrs de votre amour.

Ne culpabilisez pas : vous éduquez vos enfants pour leur bonheur à venir

Une main de fer dans un gant de velours

Si mes parents cèdent à mes caprices, …mais alors qui va vraiment me protéger dans la vie ?

Insécurité et impermanence de l’amour

Les enfants ont l’impression que l’amour est fragile, peut se modifier chaque jour, et dépend de leur attitude

« Mes parents ne m’aiment plus parce que je suis méchant ! », « je t’aime plus ! »

« Quelque soit ton attitude, je t’aime et je t’aimerai toujours ! »

Ne jamais utiliser de remarques « abandonniques »

Obéissance. Menaces et Punitions

Anecdote du jeu de rôle avec les adolescents : « si tu ne ranges pas tes affaires, je te confisque ta Gameboy pendant un mois ! »

Pourquoi la moitié des adolescents présents n’auraient pas obtempéré ?

« Parce que mes parents quand ils disent quelque chose il le font pas ! »

Quand on menace l’enfant d’une sanction, il est primordial d’aller jusqu’au bout de la menace : sanction si l’enfant n’a pas obéi (avec une certaine souplesse et adaptabilité)

P.-S.

Conférence du Dr Frédéric Kochman, pédopsychiatre à Lille
  • Partager :