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Les Coups de Coeur du Prix Ribot-Dugas 2011

, par Christine Gétin

Quatre Coups de Coeur

  • Parasomnies du sommeil lent profond dans le TDA/H de l’enfant, présenté par Régis LOPEZ
  • Évaluation des effets d’un programme cognitif et comportemental
    de groupe chez des enfants souffrant d’un trouble/déficit de
    l’attention avec hyperactivité (TDAH)
    , présenté par Cécile DARROU
  • La remédiation cognitive assistée par ordinateur :
    Son rôle dans la prise en charge du TDAH
    , présenté par Frédérique AMSELLEM
  • Un modèle murin du TDAH basé sur une perturbation des cartes multisensorielles dans le colliculus supérieur, présenté par Michaël REBER

PARASOMNIES DU SOMMEIL LENT PROFOND DANS LE TDA/H DE L’ENFANT :

Etude prospective descriptive cas-témoins

R. Lopez1, N. Franc2, A. Gramond2, D. Purper-Ouakil3, Y. Dauvilliers1

- 1 Centre de Référence Maladie Rare –Narcolepsie, Hypersomnie Idiopathique-,
Unité des Troubles du Sommeil, Service de Neurologie, CHU Gui de Chauliac Montpellier, INSERM U1061

- 2 Service de Médecine Psychologique pour Enfants et Adolescents CHU Saint-Eloi, Montpellier

- 3 Service de psychopathologie de l’enfant et adolescent, Hôpital Robert Debré AP-HP

RESUME

Le trouble déficit d’attention/hyperactivité (TDA/H) est un trouble fréquent
touchant environ 5% des enfants d’âge scolaire. Les pathologies du sommeil forment une comorbidité très fréquente dans ce trouble impliquant leur rôle dans la physiopathologie du TDA/H. Très peu d’études se sont intéressées à l’association du TDA/H avec les parasomnies du sommeil lent profond. Nous proposons au moyen d’une étude cas-témoin d’étudier la fréquence de ces parasomnies et d’autres troubles du sommeil ainsi que l’impact de ces comorbidités sur différentes dimensions neuropsychologiques chez les enfants TDA/H. Nous inclurons sur deux ans 150 enfants souffrant de TDA/H avec une évaluation portant sur les sujets eux mêmes et leurs apparentés au premier degré ainsi que 150 sujets témoins. Cette étude devrait objectiver une prévalence augmentée des troubles du sommeil et notamment des parasomnies du sommeil lent profond chez les enfants TDA/H, de préciser leurs impacts sur le fonctionnement diurne et à l’avenir d’améliorer la prise en charge de ces enfants en tenant compte de ces comorbidités.

Mots clés : TDA/H, somnambulisme, terreurs nocturnes, neuropsychologie


Evaluation des effets d’un programme cognitif et comportemental de groupe chez des enfants souffrant d’un trouble/déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH)

- Amaria Baghdadli, Professeur et chef de Service- MPEA Peyre-Plantade.
Montpellier-Hérault
- Karine Castillo, Orthophoniste- Service MPEA Peyre-Plantade. Montpellier-Hérault
- Céline Darrou, Psychologue- Service MPEA Peyre-Plantade. Montpellier-Hérault

RESUME :

Contexte : Le trouble avec déficit de l’attention et hyperactivité (TDAH) est une pathologie fréquente et invalidante de l’enfant et de l’adolescent dont les répercussions sont nombreuses dans tous les domaines. Les recommandations actuelles préconisent en première intention une prise en charge spécifique de type thérapie cognitive et comportementale. Pourtant ces pratiques restent insuffisamment développées dans notre pays pour le TDAH alors que sont parfois proposés des traitements éducatifs non spécifiques ou des traitements médicamenteux.

L’objectif principal de la mise en place de ce type de groupe est de proposer une alternative au traitement médicamenteux pour des enfants n’ayant aucune prise en charge spécifique de leur Trouble et de vérifier les effets sur les habiletés d’auto-régulation comportementales et sur les stratégies cognitives.
L’objectif secondaire est d’améliorer leur qualité de vie et de favoriser une meilleure intégration dans leur environnement social, familial et scolaire.

Méthode : étude pilote comparative, randomisée et prospective, des effets de 20 séances hebdomadaires, d’une intervention cognitive et comportementale de groupe proposée à des enfants avec TDAH. Ces séances s’accompagnent de séances pour les parents, au cours desquelles une information et des conseils sur la gestion du quotidien sont donnés. Une évaluation sera réalisée avant et après les séances, des outils standardisés seront utilisés et permettront d’évaluer objectivement les progrès de l’enfant (Echelle de Conners parents et enseignants, TEA-ch,…).

Résultats attendus : Amélioration des capacités d’auto régulation comportementale et cognitive.

Mots clés : intervention, TDAH, TCC, enfant, groupe


La remédiation cognitive assistée par ordinateur : Son rôle dans la prise en charge du TDAH

F. Amsellem, 1,3, L. de Lacombe 1 , F. Petit 1,2,

- 1 Service de psychiatrie, CHI Villeneuve Saint Georges - frederiqueamsellem@gmail.com
- 2 Laboratoire EA 4057 Psychopathologie et Processus de santé Paris Descartes
- 3 Inserm U 955 équipe 15 hôpital Robert Debré Paris

RESUME

Le TDAH s’organise autour d’une triade de symptômes : l’hyperactivité motrice,
l’impulsivité et le déficit attentionnel. De nombreuses recherches montrent que le dysfonctionnement des fonctions cognitives (attention, mémoire, planification, contrôle) est impliquées dans le TDAH (Nigg 2001 ; Kern & Price 2001). Par ailleurs, de récentes études (suite aux premières recherches de David Hubel et Torsten Wiesel) sur la plasticité cérébrale ont démontré que le cerveau pouvait dans certains déficits se réorganiser pour maintenir ou modifier ses fonctions (revue de la littérature Serge N. SCHIFFMANN). Dans une étude de 2009, Klingberg et al. ont démontré l’efficacité de la remédiation cognitive pour la mémoire de travail dans le TDAH.

Le but de la présente étude s’inscrit dans cette lignée, il est d’évaluer le rôle de la remédiation cognitive assistée par ordinateur pour chacune des fonctions cognitives impliquées dans le TDAH. Nous nous proposons d’évaluer en pré et post entraînement les fonctions cognitives d’enfants avec TDAH et d’enfants dit « témoin ». L’entraînement s’effectue à l’aide du logiciel « presco » crée par un neurologue et des orthophonistes pour l’entraînement aux fonctions cognitives. Il aura lieu lors de 20 séances d’une durée de 20mn. Les données seront ensuite traitées statistiquement. Le traitement statistique portera premièrement sur l’évolution des résultats aux différents exercices aux cours des 20 séances.

Deuxièmement, seront comparés trois groupes de sujets : les sujets atteints avec entraînement, les sujets atteints avec TCC et les sujets non atteints. Ces trois groupes seront comparés sur des épreuves neuropsychologiques standardisés de mesures des fonctions cognitives en pré et post entraînement.

Les résultats devraient montrer une différence significative dans les scores au début de prise en charge et à la fin des 20 séances ainsi qu’une différence significative entre les groupes de sujets.

Mots Clés : Trouble Hyperactivité avec Déficit de l’Attention ; Fonctions cognitives ; Remédiation cognitive, Remédiation cognitive assistée par ordinateur ; Plasticité cérébrale


Un modèle murin du TDAH basé sur une perturbation des cartes multisensorielles dans le colliculus supérieur

- Dr. Michael Reber (Ph.D.), CR1 INSERM.
CNRS UPR 3212 / Institut des Neurosciences Cellulaires et Intégratives. Strasbourg

- Dr. Frank Pfrieger (Ph.D.), DR2 CNRS.
CNRS UPR 3212 / Institut des Neurosciences Cellulaires et Intégratives

- Dr. Chantal Mathis (Ph.D.), CR1 CNRS.
UMR 7191 CNRS / Laboratoire d’Imagerie et de Neurosciences Cognitives

Résumé du projet :

Le Trouble de l’attention / Hyperactivité (TDAH) est une maladie neurodéveloppementale d’étiologie complexe altérant les processus cognitifs et comportementaux des patients. Diagnostiquée chez 8 à 12% des enfants, 60% d’entre eux présentent des troubles à l’âge adulte. Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif de cette maladie. La pharmacothérapie utilisée est basée sur l’administration de psychostimulants (amphétamine et méthylphénidate) ayant un effet positif sur l’hyperactivité mais aussi des effets secondaires importants prohibant une utilisation à long terme. Une hypothèse récente suggère que les patients TDAH présenteraient un déficit de l’intégration multisensorielle au niveau du colliculus supérieur.

Cette structure sous-corticale est le premier lieu d’intégration des informations
multisensorielles (visuelles, auditives et somatosensorielles). Elle contrôle les saccades oculaires, les mouvements de la tête et aurait un rôle dans l’attention. Nous possédons au laboratoire une lignée de souris mutantes Isl2-EphA3KI présentant des perturbations précisement caractérisées des cartographies sensorielles du colliculus. Une première étude comportementale révèle que ces souris présentent des signes d’impulsivité et des défauts
d’attention, mais ne sont pas hyperactives. Ce phénotype rappelle celui des patients TDAH avec inattention prédominante. Notre objectif est de confirmer ces résultats par des tests plus spécifiques et de réaliser ces études sous traitement aux psychostimulants afin de valider nos souris Isl2-EphA3 comme un modèle potentiel de TDAH. L’ensemble des modèles murins de
TDAH caractérisés à ce jour sont basés sur un dysfonctionnement de la machinerie moléculaire de transmission monoaminergique, cause de l’hétérogénéite des réponses aux traitements psychostimulants chez ces souris. Notre modèle d’étude, d’un sous-type du TDAH, s’ajouterait aux modèles existants et ouvrirait la voie à une approche de type biologie
des systèmes et des réseaux, donnant une vision plus globale de cette maladie et permettant d’explorer de nouvelles pistes thérapeutiques.

Mots-clés : modèle animal, colliculus supérieur, intégration multisensorielle, psychostimulants, preuve de concept.

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