Le TDAH

Le TDAH en Bref

, par Christine Gétin

Les causes (hypothèses étiologiques)

Facteurs génétiques

De nombreux travaux montrent une plus grande fréquence du TDAH dans les familles où un enfant présente un TDAH, par rapport aux familles témoins.
L’héritabilité du TDAH serait de 76% selon une revue de littérature portant sur l’étude du TDAH chez les jumeaux, rassemblant 20 études, de S. Faraone publiée en 2005. Ces études font un lien statistique sans pour autant décrire la nature de ce lien.
Il est observé une plus grande fréquence du trouble chez les garçons, cependant il est possible que le trouble soit sous-évalué chez les filles en raison d’une expression du trouble moins bruyante.

A lire : Les données génétiques ;Le TDAH, un trouble neurodéveloppemental ?

Facteurs environnementaux

Des études permettent de relever une augmentation du risque de développer un TDAH, dans les cas suivants :
• la mère durant la grossesse est exposée : à l’alcool, au plomb, au stress, …
• une naissance prématurée, un petit poids de naissance, une malnutrition précoce sévère
• un traumatisme crânien
• en présence de troubles du sommeil sévères et chroniques de la petite enfance
• exposition à de la maltraitance, à des abus sexuels

Dans l’ensemble, il ressort de la littérature actuelle qu’aucune hypothèse, qu’aucun facteur n’expliquerait à lui seul le développement du TDAH chez un enfant. Il pourrait en fait s’agir d’une accumulation de facteurs de risques d’origines multiples.

Données neurobiologiques

Il semble que des atteintes des structures et reseaux neuronaux subies par le cerveau durant la période périnatale ou postnatale pourraient contribuer à certains cas de TDAH.

A lire : Le TDAH, un trouble neurodéveloppemental ? ;Les données neurobiologiques
A voir :La journée Ribot-Dugas continue Génétique humaine et fonctions cognitives

Données neuropsychologiques

Il a été relevé chez certains enfants présentant un TDAH des altérations de fonctions, sans que ce soit le cas pour tous les enfants présentant un TDAH.

Il existe différents modèles théoriques explicatifs du fonctionnement dans le TDAH

  • Le modèle de Barkley basée sur l’hypothèse d’une hypo-activation du cortex frontal, pexplique que le TDAH serait le résultat d’un manque d’inhibition de comportements parasites.
  • Le modèle d’aversion au délai ou modèle de Sonuga-Barke qui fait intervenir la motivation et la gestion des émotions, les difficultés d’inhibition des comportements serait liées à l’incapacité de bien gérer les émotions, de reporter une récompense à plus tard.
  • le modèle de fonctionnement par défaut (DMN pour Défault Mode Network), dans le TDAH, ce réseau par défaut du langage intérieur et des pensées vagabondes semble suractivé, perturbant le mode de pensée orienté vers un but.

A lire :Vers une conception neuropsychologique ; Le prix Ribot-Dugas 2011 ;Conscience de soi et motivation, des leviers pour les thérapies ?

Le diagnostic

Le diagnostic différentiel

Le diagnostic de TDAH est un diagnostic différentiel, c’est à dire qu’avant de se prononcer ou d’orienter vers ce type de trouble, Il convient d’éliminer les autres causes explicatives d’une agitation, d’une impulsivité ou d’un défaut d’attention.

Il est recommandé de s’assurer que l’enfant n’a pas de problèmes de vue, d’audition, de faire un point sur son alimentation, son sommeil, de s’assurer que l’enfant n’a pas une maladie entrainant un état de fatigue chronique dont les symptomes pourraient s’apparenter au TDAH.

La démarche de diagnostic est initiée par le médecin traitant qui ensuite oriente si nécessaire vers un spécialiste.

Exemples de difficultés évocatrices d’un TDAH (non spécifique)

  • Ce que l’enfant décrit : peu ou pas d’amis ; en conflit avec les parents ; faible estime de soi.
  • Ce que la famille exprime : facilement distrait, n’écoute pas ; difficultés à s’organiser, oublis fréquents ; agité, ne reste pas assis, conduites dangereuses ; coupe la parole, impatient.
  • Ce que rapporte le milieu scolaire : Rêveur, dans la lune ; fluctuation des capacités de concentration ; difficultés à se concentrer, à mémoriser, à être autonome.

A lire : Le diagnostic ;Importance du diagnostic différentiel ;Rappel des Symptômes et des Critères Diagnostiques du TDAH ; Démarche pratique pour le diagnostic de TDAH ;Approches psychopathologiques du TDAH - Pr P. Mazet, Paris ; L’examen clinique de l’enfant TDAH ;Recommandation HAS - TDAH

Autres troubles pouvant être associés ou constituant un diagnostic différentiel

  • Troubles du sommeil,
  • Troubles des apprentissages (dyslexie, dysgraphie, dyscalculie, dyspraxie, etc.)
  • Troubles du comportement (troubles oppositionnels, trouble des conduites, etc.)
  • Comportement à risque (abus de substances psychoactives, mise en danger, etc.)
  • Troubles de l’usage de substances
  • Troubles du spectre autistique
  • Déficience intellectuelle, précocité intellectuelle
  • Troubles anxieux, dépression
  • Troubles bipolaires, etc

En cas de suspicion de TDAH, l’enfant doit être adressé à un médecin spécialiste (pédiatre, neuropédiatre ou pédopsychiatre) qui proposera une prise en charge adaptée.
Le médecin spécialiste s’appuiera sur des évaluations psychométriques et neuropsychologiques, ces tests permettront de mieux identifier les difficultés de l’enfant et d’étayer le diagnostic.

D’autres bilans peuvent s’avérer nécessaire en fonctions des difficultés identifier et des comorbidités éventuelles : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, etc ;

Ces différents bilans serviront également pour établir la stratégie de prise en charge.

A lire : Apport du bilan psychométrique et attentionnel au diagnostic de TDAH ;Evaluation des fonctions neuropsychomotrices : contribution au diagnostic ; Le bilan Neuropsychologique et remédiation cognitive

Article en cours de redaction : à venir : Traitement, prise en charge
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Recommandation HAS pour le TDAH

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