L’adulte TDAH

ENFIN un traitement du TDAH autorisé chez l’adulte en France !

, par Christine Gétin

La Ritaline LP a obtenu une nouvelle indication chez l’adulte TDAH (AMM)

La Ritaline LP a obtenu l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) pour l’adulte.
Ce traitement peut désormais être prescrit à l’adulte dans le cadre défini par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament)

À ce stade, cela ne signifie pas encore que le méthylphénidate prescrit à l’adulte fait l’objet d’un remboursement de la part de la Sécurité Sociale.


Pour aller plus loin vous pouvez consulter le « Résumé des caractéristiques produit RITALINE LP » (ANSM) et le dernier rapport de la commission de transparence de la HAS.

Résumé des caractéristiques de la Ritaline LP (ANSM)

Ce document précise les indications thérapeutiques mais rentre également dans le détail de critères diagnostiques et de prescription spécifiques à l’adulte

À consulter en intégralité sur le site de l’ANSM
Voir en ligne : résumé des caractéristiques du produit : Ritaline LP ®

Extraits

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Extraits du "résumé des caractéristiques du produit : RITALINE LP" pour les adultes avec TDAH

4.1. Indications thérapeutiques

Le méthylphénidate est indiqué dans le traitement du Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH) dans le cadre d’une prise en charge globale chez l’enfant de 6 ans et plus, lorsque des mesures correctives seules s’avèrent insuffisantes.

Le méthylphénidate est indiqué dans le traitement du Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH) chez l’adulte pour lequel un impact fonctionnel modéré à sévère sur au moins deux composantes (professionnelle et/ou universitaire, sociale y compris familiale) est mis en évidence et lorsque la présence de symptômes du TDAH a bien été établie dans l’enfance et en tenant compte du fait que le traitement pharmacologique fait partie d’une prise en charge globale.

Eléments diagnostiques spécifiques du TDAH chez l’adulte

Le traitement doit être initié sous la surveillance d’un spécialiste des troubles du comportement chez l’adulte. Le diagnostic doit être établi selon les critères du DSM ou les recommandations de l’ICD et doit se fonder sur l’anamnèse et sur une évaluation complète du patient.

L’étiologie précise de ce syndrome est inconnue et il n’existe pas de test diagnostique unique.

Les adultes souffrant de TDAH présentent des symptômes caractérisés par de l’agitation, de l’impatience et de l’inattention. Les symptômes comme l’hyperactivité ont tendance à s’atténuer avec l’âge, probablement en raison de phénomènes d’adaptation, de maturation du système nerveux et d’automédication. Les symptômes liés à l’inattention sont plus prononcés et impactent plus fortement les adultes souffrant de TDAH.

Chez l’adulte, le diagnostic doit comprendre un entretien structuré avec le patient afin de bien définir les symptômes qu’il présente. La préexistence de TDAH dans l’enfance est nécessaire et à déterminer rétrospectivement par les dossiers des patients (dossiers médicaux, bulletins scolaires…) couplés à l’utilisation d’outils appropriés (par exemple échelle WURS, questionnaires à destination de l’entourage). Le diagnostic ne peut reposer uniquement sur la présence d’un ou de plusieurs symptômes.

La décision de prescrire un psychostimulant chez l’adulte doit reposer sur une évaluation approfondie et le diagnostic bien établi avec un impact fonctionnel modéré ou sévère sur au moins deux composantes (professionnelle et/ou universitaire, sociale y compris familiale) affectant plusieurs aspects de la vie du patient. La prise en charge est multidisciplinaire.

4.2. Posologie et mode d’administration

Chez l’adulte, le traitement doit être initié sous le contrôle d’un spécialiste des troubles du comportement de l’adulte.


Dernier Rapport de la COMMISSION DE TRANSPARENCE de la HAS en 2020 - Évaluation des spécialités à base de méthylphénidate

Le rapport de la commission de transparence de la HAS sur le Méthylphénidate présente les dernières informations disponibles sur le méthylphénidate

À télécharger sur le site de la HAS : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-09/rapport_reevaluation_methylphenidate_avisdef_cteval485.pdf (pdf 72p)

Extraits :

Suivi des données d’utilisation du méthylphénidate au niveau national à partir des données du Système National des Données de Santé (SNDS) portant sur le remboursement (Open Medic)

Sur la période 2014-2018, les données de remboursement mettent en évidence une poursuite de l’augmentation de l’utilisation du méthylphénidate en France au même rythme que précédemment, soit de l’ordre de 10% par an, pour atteindre 87 079 patients traités en 2018 contre 62 057 en 2014 (Source : Open Medic).

Sur cette période, la répartition par tranche d’âge est la suivante :

  • 83% âgés de moins de 20 ans,
  • 16% âgés de 20 à 59 ans et
  • 1% âgés de 60 ans ou plus.

Le sex ratio des patients traités (76% de sexe masculin et 24% de sexe féminin) correspond au sexe ratio de la maladie. Ces répartitions par sexe et par tranches d’âges restent stables entre 2014 et 2018.

Néanmoins, entre 2016 et 2018, l’utilisation de ce médicament en France, comme on peut le voir sur l’histogramme ci-dessous, est faible en comparaison à celle d’autres pays européens tels que la Suède, la Norvège, le Danemark, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni (consommation exprimée en nombre de Dose Définie Journalière (DDJ) pour 1000 habitants par jour) (Source : IQVIA MIDAS).

En extrapolant les estimations de la prévalence du TDAH, comprise entre 2% et 5% des enfants d’âge scolaire, à la population des enfants âgés de 6 à 17 ans, le nombre d’enfants souffrant de TDAH en France métropolitaine en 2019 serait compris entre environ 191 000 et 480 000.

Le nombre de patients traités en France, autour de 90 000, reste donc limité au regard de la prévalence estimée de la maladie.

Concernant la population adulte pour laquelle un nombre restreint d’initiation a été identifié, étant donné que le méthylphénidate bénéficie depuis 2014 d’une autorisation de mise sur le marché chez l’adulte dans certains pays européens, notamment la Suède, l’Irlande, le Danemark, le Royaume-Uni, l’Espagne et les Pays-Bas, et que la persistance du TDAH chez les plus de 17 ans est maintenant bien reconnue par la communauté scientifique, nous envisageons une extension d’indication à l’adulte afin d’encadrer cette utilisation qui peut se justifier. Le laboratoire NOVARTIS a déposé dernièrement une demande d’extension d’AMM dans cet objectif.

Ainsi, malgré une augmentation modérée et régulière de l’utilisation du méthylphénidate observée depuis le début des années 2000, celle-ci reste globalement faible en France, tant en comparaison aux autres pays européens, qu’au regard du nombre d’enfants atteints.

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