Chaque année l’hôpital Robert DEBRE de Paris, où consulte le Docteur Eric KONOFAL, reçoit 150 enfants en vue d’un diagnostic de TDA/H (Trouble Déficit de l’Attention/avec ou sans Hyperactivité). De surcroît, 600 enfants sont inscrits en liste d’attente. C’est dire l’ampleur des besoins.
Le Docteur Eric KONOFAL [1] attire donc l’attention des participants à l’Assemblée générale sur la nécessité de faire passer le message auprès des parents certes, mais aussi des médecins généralistes, qui, bien souvent, ne sont pas informés de l’existence du TDA/H ni des traitements possibles.
A cet égard, aujourd’hui (en 2003), en France, une seule molécule dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) : le méthylphénidate, plus communément appelée Ritaline®.
Le trouble TDA était connu dès le XIX ème siècle ; le premier médecin à s’y intéresser est le Français BOURNEVILLE. Ses travaux ont été occultés en Europe à l’occasion des guerres de 1870 et 1914 ; en revanche, très tôt, ils ont été récupérés par les Américains. Dans les années cinquante, à la faveur du climat de culpabilité régnant en Europe à la suite de la seconde guerre mondiale, l’influence dans la psychiatrie du courant psychanalytique et de l’approche psychodymanique du trouble s’est accrue ; on parle alors de troubles " affectivo-caractériels " ; en France, aujourd’hui encore, beaucoup d’enseignants persistent dans cette erreur à propos du TDA.
En revanche, Aux USA, privilégiant une approche non psychologique, on étudie le cortex et les régions du mésencéphale pour y rechercher l’origine éventuelle du trouble.
L’idée est celle : d’un trouble qui se développe, mais dont le sujet a toujours été atteint, caractérisé par un déficit de l’attention, de l’impulsivité ; sachant que cette impulsivité est toujours une conséquence du déficit attentionnel : « l’action précède la pensée », il s’agit d’un élément essentiel du diagnostic.
On parle désormais de TDAH : trouble déficit de l’attention / hyperactivité, plutôt que de THADA : trouble d’hyperactivité avec déficit d’attention (cette dernière terminologie remonte, en fait, à 1987 et est aujourd’hui quasiment abandonnée).
A noter que l’inattention peut être soit sélective, soutenue ou dirigée et ne peut donc concerner, parfois, que certaines tâches précises.
Concernant l’impulsivité, on distinguera l’impulsivité motrice (attrait pour les jeux dangereux, par exemple), de l’impulsivité cognitive (cas, par exemple, de l’élève qui répond spontanément à la question posée par l’enseignant quoique n’étant pas lui-même interrogé).
On estime que 5% environ des enfants sont concernés par le TDAH.
A noter que certaines études statistiques font part de chiffres allant de 1 à 20 ou 30% ; pour l’essentiel, ces variations s’expliquent par le fait que les dites études englobent les cas où seule l’hyperactivité est en cause.
Le méthylphénidate traite donc « l’inattention », et non l’hyperactivité.
En ce sens, le méthylphénidate est un "pourvoyeur d’éveil", en améliorant les composantes cognitive et motrice rétablit « l’action adaptée » vis-à-vis d’une consigne ou de stimuli.
Autres symptômes caractéristiques du TDA/H
Intolérance à la frustration : se manifeste à travers les exigences du sujet, son incapacité à se plier aux demandes ;
Entêtement, difficultés avec l’autorité ;
Comportement changeant avec l’entourage ;
Fluctuation du rendement scolaire ; les notes ne sont pas celles attendues (elles passent facilement de 0 à 20 !) ;
Faible estime de soi.
Le mécanisme à l’œuvre dans le TDAH est, schématiquement, le suivant :
Dans le cerveau profond, les neuromédiateurs fabriquent des neuromédiateurs à partir d’acides aminés essentiels ;
Ceux-ci sont ensuite transformés en mono-amines, tels que la sérotonine, la noradrénaline ou la dopamine, par exemple.
Ces mono-amines, pour agir correctement, doivent le faire selon le but visé et " arriver au bon moment " : actionner, ou inhiber la motricité (en ce qui concerne la dopamine, par exemple).
De ce point de vue, 80% des fonctions cérébrales sont tributaires de l’action de la dopamine.
Le Docteur KONOFAL suit 120 enfants à l’hôpital Robert DEBRE de Paris .
A cette occasion, et dans le cadre de recherches menées en parallèle, il a constaté que les enfants souffrant du TDA ont pratiquement toujours des troubles du sommeil associés