Accueil du site > International

International

Dernier ajout – dimanche 1er mai 2011.
Textes à valeur internationale ou européenne concernant le TDAH



Contribution de ADHD Europe au Green Paper

dimanche 29 octobre 2006, mis à jour le 16 avril 2007, par Christine Gétin

ADHD-Europe

Contribution au Livre Vert

Améliorer la santé mentale de la population :

Vers une stratégie sur la santé mentale pour l’Union européenne

Mai 2006

Introduction au sujet de ADHD-Europe

ADHD-Europe représente 27 organisations TDAH (patients, parents et représentants des groupes d’adultes) de 18 pays différents qui se rencontrent et sont en coopération depuis 2005 pour améliorer la situation des personnes souffrants de TDAH.

Documents joints


Lignes directrices destinées aux médias internationaux

Sur le Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité

samedi 13 mai 2006, mis à jour le 5 septembre 2011

LIGNES DIRECTRICES DESTINEES AUX MEDIAS INTERNATIONAUX POUR LES REPORTAGES ET LES ARTICLES

SUR LE TROUBLE DEFICIT DE L’ATTENTION / HYPERACTIVITE

TDAH : l’espoir derrière le « Battage médiatique »

GUIDE DU TDAH POUR LES MEDIAS INTERNATIONAUX

Ces lignes directrices qui ont été mises au point par la Fédération Mondiale de Santé Mentale, donnent des informations aux journalistes afin qu’ils fassent preuve de compréhension et de respect vis-à-vis de ceux qui vivent avec le TDAH, lorsqu’ils mentionnent ce sujet au cours de leur travail. Lorsque des jeunes sont atteints de troubles affectifs et comportementaux, il est tout particulièrement important de faire preuve de sensibilité et de bien connaître les faits. La Fédération Mondiale Pour la Santé Mentale s’est donnée pour mission d’améliorer l’accès aux soins et services pour les gens qui souffrent de tels troubles et La Journée mondiale de la santé mentale 2003 sera consacrée aux troubles affectifs et comportementaux des enfants et des adolescents.

Malgré de nombreuses preuves scientifiques qui confirment l’existence du TDAH, ce syndrome donne lieu à des attitudes très diverses et une méconnaissance du sujet prévaut dans le grand public, ce qui vient accroître les difficultés que rencontrent déjà ceux qui sont confrontés quotidiennement au TDAH.. En tant que source d’information crédible pour le grand public, les médias ont un rôle à jouer en faisant une description exacte du TDAH, en évitant la stigmatisation et en encourageant une meilleur compréhension du syndrome au sein de leur public.

Aspects à prendre en considération dans les reportages Assurez-vous que vous avez une bonne connaissance des faits et que vous utilisez des données concrètes. Le TDAH peut avoir un impact sur tous les aspects de la vie des individus y compris l’école, la famille et la vie sociale. Si votre public ne comprend pas ou n’accepte pas ce trouble, les individus souffrant de TDAH auront plus de mal à obtenir de l’aide et à mener une vie normale.

Votre article ou votre reportage aura des conséquences sur leurs vies. Les symptômes liés au TDAH peuvent mettre une personne à l’index ce qui peut être particulièrement difficile dans le cas des enfants. Favoriser la compréhension du TDAH auprès de vos lecteurs pourrait aider davantage d’enfants atteints de TDAH à être acceptés par leurs pairs.

Les lignes directrices et les codes de déontologie destinés aux médias prévoient le droit au respect de la vie privée. Soyez attentifs à la manière dont votre article ou reportage pourrait affecter la vie de la personne en question. Conformez-vous aux codes déontologiques de votre société lorsque vous interviewez des gens, tout particulièrement des mineurs.

Une personne qui souffre de TDAH ne se résume pas à ses troubles. Si cela ne concerne pas votre article ou votre reportage, abstenez-vous d’en parler.

Langage

Utilisez un langage et une terminologie appropriés, sans porter de jugements catégoriques et en respectant la personne

  Utilisez le terme « trouble » au lieu de maladie

  Utilisez l’acronyme TDAH* plutôt que le mot « hyperactif » (l’hyperactivité n’est qu’un symptôme du TDAH et varie en intensité en fonction des personnes)

* Le nom le plus approprié pour désigner ce trouble varie d’un pays à l’autre (ADHD dans les pays anglo-saxons et TDAH dans les pays francophones)

Evitez les termes péjoratifs qui peuvent induire en erreur

  Un comportement déviant est un choix. Les symptômes du TDAH ne relèvent pas d’un choix

  Le TDAH n’est pas la conséquence d’une mauvaise éducation. Le TDAH est un trouble principalement héréditaire et a plus une cause génétique qu’environnementale.

  Il est impossible de généraliser les symptômes du TDAH. Les symptômes ne sont pas identiques chez tous ceux qui souffrent de TDAH et leur gravité varie d’une personne à l’autre.

Bien que les études démontrent que le traitement médicamenteux est en règle générale le programme de soins le plus efficace pour les personnes atteintes de TDAH1, les parents choisissent rarement de faire prendre des médicaments à leurs enfants à la légère. Il est important de respecter cette décision et de choisir un langage qui encourage votre public à faire de même.

Il y a maintenant un fort consensus au sein de la communauté scientifique internationale selon lequel le TDAH est un véritable trouble neurobiologique dont l’existence ne devrait plus être mise en doute.2 Donner uniquement la parole à des critiques qui remettent ce trouble en question ne peut que générer des souffrances chez les personnes qui en sont atteintes.

Sources d’informations supplémentaires

Votre article ou votre reportage pourra donner envie à votre public de chercher à obtenir davantage d’informations. N’oubliez pas de mentionner à la fin de votre article ou de votre reportage comment obtenir des conseils sur le TDAH.

LES FAITS SUR LE TDAH

Le TDAH est une affection biologique du cerveau vraisemblablement causée par un déséquilibre dans certains neurotransmetteurs du cerveau : les substances utilisées pour envoyer des signaux entre les cellules nerveuses.3 Les symptômes du TDAH comprennent entre autres des comportements hyperactifs / impulsifs et un trouble du déficit de l’attention. La plupart des personnes qui souffrent de TDAH présentent plusieurs de ces symptômes tandis que chez d’autres un type pourra être prédominant.4

Le TDAH est un problème médical complexe qui ne devrait être diagnostiqué que par des médecins experts dans ce domaine. Seul un diagnostic précis peut conduire au programme de soins le plus approprié pour le patient ; celui-ci pourra inclure la prise de médicaments, une thérapie comportementale et cognitive, une thérapie familiale et d’autres modifications au niveau de l’éducation et du style de vie.4

Le taux prévalence du TDAH est semblable dans différentes cultures et pays. Il concerne entre 3 et 7 % des enfants d’âge scolaire.5 Jusqu’à 60 % des enfants atteints de TDAH continuent de présenter des symptômes significatifs à l’âge adulte. 6

Les études scientifiques qui ont été menées indiquent que bien que la prévalence du TDAH soit similaire dans le monde entier, les niveaux d’identification, de diagnostic et / ou de traitement du TDAH diffèrent énormément.7

Le TDAH a tendance à être trop peu diagnostiqué et insuffisamment traité. Même dans des pays où les traitements médicamenteux pour le TDAH sont plus fréquemment prescrits, les taux de prescription ne représentent qu’une faible proportion des 3 à 7 % d’enfants susceptibles de présenter ce trouble8, et un nombre encore bien moindre des 4 pour cent d’adultes estimés comme souffrant de TDAH.9

Les études suggèrent que les garçons sont trois fois plus susceptibles de souffrir de TDAH que les filles.10

Cependant, ce taux plus élevé peut s’expliquer par la plus grande prévalence des problèmes liés au comportement et à la conduite chez les garçons, donnant lieu à un taux plus important de cas suspectés qui sont transmis à un spécialiste.11

Le TDAH est un trouble hautement héréditaire ; de nombreuses études ont indiqué que l’héritabilité du TDAH est similaire à celle de la taille.12

Le TDAH coexiste souvent avec d’autres troubles psychiques comme la dépression et l’anxiété ainsi que les troubles de l’apprentissage, les tics et le syndrome de Gilles de la Tourette. En identifiant et en traitant ces conditions de comorbidité à un stade précoce, on peut éviter que des aptitudes sociales et psychologiques ne soient davantage affectées.

Les études menées au cours des 100 dernières années ont démontré que les symptômes du TDAH ont un impact négatif sur pratiquement tous les aspects de la vie sociale, affective, universitaire et professionnelle de l’individu.13

Les parents et les frères et sœurs sont également affectés par les problèmes comportementaux associés au TDAH et il est courant de noter des niveaux de stress élevés au sein de la famille, des cas de dépression et des problèmes conjugaux.14

Si le TDAH n’est pas diagnostiqué et traité correctement chez les adolescents, ceux-ci auront davantage tendance à abandonner l’école, ils termineront rarement leurs études supérieures, auront moins d’amis et seront plus tentés que les autres par des activités antisociales.15 Chez les adultes, le TDAH est associé à des problèmes de performances professionnelles et les personnes qui en souffrent auront davantage tendance à se marier plusieurs fois.16

Le TDAH est reconnu officiellement par de nombreuses institutions médicales et psychiatriques internationales y compris l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’American Academy of Pediatrics (AAP), l’European College of Neuropsychopharmacology (ECNP) et le National Institute for Clinical Excellence (NICE) au Royaume-Uni.

La déclaration de consensus international sur le TDAH, signée par des experts internationaux du TDAH, peut être consultée à http://www.chadd.org/research en faisant une recherche sur le mot « consensus ».
 World Psychiatric Association e-mail : wpasecretariat@wpanet.org ou visitez : www.wpanet.org Organisation mondiale de la santé e-mail : info@who.int ou visitez : www.who.int/en/

 Fédération mondiale pour la santé mentale e-mail : info@wfmh.com ou visitez : www.wfmh.org
 National Institute for Clinical Excellence (R.-U.) email : nice@nice.nhs.uk ou visitez : www.nice.org.uk
 Mental Health Europe e-mail : info@mhe-sme.org ou visitez : www.mhe-sme.org
 International Association for Child and Adolescent Psychiatry and Allied Professions (IACAPAP) visitez : www.iacapap.org
 European Society for Child and Adolescent Psychiatry visitez : www.escap-net.org
 Children and Adults with Attention Deficit / Hyperactivity Disorder (CHADD) visitez : www.chadd.org
 American Psychiatric Association e-mail : apa@psych.org ou visitez : www.psych.org/
 American Academy of Pediatrics e-mail : pubrel@aap.org ou visitez : www.aap.org Le Ministère de la santé de votre pays Des groupes de soutien pour parents et patients Association HyperSupers TDAH- France 4, Allée du Brindeau 75019 PARIS Tel 01 42 06 65 19 www.tdah-france.fr info@tdah-france.fr


1 The MTA Cooperative Group. The Multimodal Treatment Study of Children with Attention Deficit / Hyperactivity Disorder. Arch Gen Psychiatry. 1999 ; 56:1073-1096

2 Barkley, RA et al. International Consensus Statement (January 2002). Clinical Child & Family Psychology Review. 2002 ; 5:2

3 Green C, Chee K. Understanding ADHD - A Parent’s Guide to Attention Deficit Hyperactivity Disorder in Children. Vermillion Publishing 1997 ISBN 0 009 181700 5

4 Dulcan M, Benson RS et al. Summary of the practice parameters for the assessment and treatment of children, adolescents, and adults with attention-deficit/hyperactivity disorder. www.aacap.org. 1997

5 American Psychiatric Association. Diagnosis and Statistical Manual of Mental Disorders, Fourth Edition. Washington DC, American Psychiatric Association, 1994

6 American Psychiatric Association. DSM-IV Text Revision. 2000 ; 85-93

7 Taylor E, Sergeant J, et al. Clinical guidelines for hyperkinetic disorder. Eur Child & Adoles Psych. 1988 ; 7:184-200

8 Decision Resources. Attention Deficit-Hyperactivity Disorder, Psychiatric Disorders Study 2. 2003 : 7

9 Murphy K, Barkley RA. Prevalence of DSM-IV symptoms of ADHD in adult licensed drivers : implications for clinical diagnosis. J Attn Disorders. 1996 ; 1(3) : 147-161

10 American Academy of Pediatrics. Clinical practice guidelines : diagnosis and evaluation of the child with attention-deficit / hyperactivity disorder. Pediatrics. 2000 ; 105 : 1158-1170

11 Fredman SJ, Korn ML. ADHD and Comorbidity. 154th Annual Meeting of the American Psychiatric Association, May 2001, New Orleans, Louisiana, USA

12 Faraone SV. Pathophysiology of ADHD. Symposium at APA 2003 Annual Meeting

13 Barkley RA. Attention-deficit hyperactivity disorder : A handbook for diagnosis and treatment. New York, Guildford Press. 2000

14 Faraone SV, Sergeant J et al. The worldwide prevalence of ADHD : is it an American condition ? World Psychiatry 2003 ; 2 (2) : 104-113

15 Barkley RA, Fischer M et al. The adolescent outcome of hyperactive children diagnosed by research criteria I. An 8-year prospective follow-up study. J Am Ac Ch & Adoles Psych. 1990 ; 29:546-557

16 Murphy K, Barkley RA. Attention deficit hyperactivity disorder adults : comorbidities and adaptive impairments. Comp Psych, 1996 (Nov - Dec) 37(6) ; 393-401


Consensus International sur le TDAH

Consortium de 75 scientifiques internationaux

samedi 13 mai 2006, mis à jour le 23 octobre 2011

ÉNONCÉ DE CONSENSUS INTERNATIONAL SUR LE TDAH

Nous, les membres soussignés du consortium scientifique international, voulons exprimer notre grande préoccupation concernant des informations anecdotiques et fausses qui sont diffusées de façon répétée par les médias relativement au Trouble Déficit de l’Attention/Hyperactivité (TDAH)

II s’agit d’un trouble pour lequel nous avons tous une expertise reconnue et auquel plusieurs d’entre nous ont consacré des recherches scientifiques et, pour certains, leur carrière. Nous craignons que les informations fausses concernant le TDAH qualifiant ce trouble de mythe, de fraude ou de difficulté bénigne, aient pour effet que certaines des personnes touchées ne recourent pas à un traitement approprié à leur condition. De plus, ces affirmations donnent l’impression au public en général que ce trouble n’est pas réel ou qu’il constitue une difficulté mineure.

Nous avons rédigé ce consensus sur le TDAH afin de faire ressortir la valeur scientifique de ce trouble, sa validité et ses effets négatifs sur la vie de ceux qui en souffrent et ce, en date de janvier 2002, date de rédaction de ce texte.

II arrive que les médias présentent des débats entourant ce trouble dans une forme s’apparentant davantage à la compétition sportive qu’à un vrai débat scientifique. Ils confrontent alors l’opinion de scientifiques à des intervenants ou professionnels non experts, donnant ainsi la fausse impression de thèses d’égale valeur. Ce présumé équilibre dans l’information laisse l’impression au public qu’il y a encore des dissensions entre chercheurs à propos de la reconnaissance du TDAH comme problème de santé réel. Dans les faits, ce débat et ces divergences n’existent pas, du moins pas plus qu’il en existe, par exemple, autour de la question du danger pour la santé entourant l’usage du tabac ou du fait que le SIDA soit cause par un virus.

Le « Surgeon General » des États-Unis, 1’« American Medical Association » (AMA), 1’« American Psychiatric Association », 1’« American Academy of Child and Adolescent Psychiatry » (AACAP), 1’« American Psychological Association » et l’ « American Academy of Pediatrics » (AAP), notamment, considèrent tous le TDAH comme un trouble réel. (Au Québec, nous pourrions ajouter le Collège des Médecins et l’Ordre des Psychologues du Québec). Bien que déjà certains de ces organismes aient publié des lignes directrices concernant le diagnostic et l’intervention pour guider les actes de leurs membres auprès de la clientèle TDAH, il s’agit ici du premier consensus émis par un consortium indépendant de leaders issus de la communauté scientifique concernant ce trouble. Nous affirmons qu’il n’existe aucune controverse ou divergence d’opinion parmi les scientifiques qui se sont joints à ce consortium en ce qui a trait à la réalité de ce trouble.

Le TDAH et les connaissances scientifiques

II est faux de prétendre que, scientifiquement parlant, le TDAH n’existe pas. Tous les regroupements, associations médicales et agences de santé publique reconnaissent formellement le TDAH comme étant un trouble, en raison de l’abondance des données scientifiques. On a recours à plusieurs méthodes pour déterminer si un trouble constitue réellement un diagnostic médical ou psychologique valide. Une de celles-ci stipule qu’on dispose de données scientifiques validées qui démontrent que ceux qui souffrent de ce trouble sont confrontés à des déficiences fonctionnelles sérieuses ou à des limitations dans l’exercice d’actes physiques ou psychologiques propres à tous les humains, c’est-à-dire des actes que toute personne, indépendamment de sa culture, devrait normalement être en mesure de poser. II faut aussi des preuves scientifiques incontournables pour démontrer que ce déficit a, pour celui qui en souffre, des conséquences nuisibles qui se mesurent en termes de mortalité ou de morbidité accrues, ou de condition handicapant l’exercice d’activités normalement attendues à leur âge. Ces activités concernent des dimensions importantes de la vie, comme l’éducation, les relations sociales, le fonctionnement familial, l’indépendance, l’autonomie et toutes les occupations normalement attendues d’une personne de cet âge.

Pour les signataires de ce document, il ne subsiste aucun doute que le TDAH apporte des conséquences négatives dans plusieurs habiletés psychologiques et qu’elles causent un préjudice important à la plupart de ceux qui en sont atteints. Les résultats de centaines d’études et de recherches scientifiques démontrent que le noyau de ce trouble est constitué de déficits dans l’inhibition de comportements et dans l’attention soutenue. II ne fait aucun doute que le TDAH cause à l’individu des impacts négatifs dans ses activités de tous les jours, notamment dans ses relations sociales, sa réussite scolaire, son fonctionnement familial, son fonctionnement au travail, son autonomie et le respect des règles sociales, des normes et des lois. II est aussi prouvé que les personnes présentant le TDAH ont plus de blessures et d’accidents et qu’ils sont plus souvent victimes d’empoisonnement. C’est pour ces raisons qu’aucune organisation professionnelle de médecins, de psychologues ou de scientifiques ne remet en doute la légitimité du TDAH comme trouble réel.

De nombreuses recherches faisant appel à des méthodes scientifiques diversifiées permettent maintenant de localiser les déficits psychologiques à la base du TDAH dans des régions du cerveau (le lobe frontal, ses connections avec les noyaux gris centraux et leurs relations avec le cervelet). La plupart des études neurologiques démontrent que, dans l’ensemble, les individus présentant le TDAH ont une activité neuro-electrique moindre et démontrent une moins grande capacité de réaction dans une ou plusieurs de ces régions du cortex. Les études en imagerie du cerveau portant sur des individus présentant le TDAH ont aussi fait la preuve que ces régions du cerveau sont relativement plus petites et ont une activité métabolique moindre que chez les individus des groupes contrôle.

Ces déficits dans l’inhibition et l’attention ont été trouvés dans plusieurs recherches faites auprès de jumeaux et de jumeaux fraternels et ce, dans différents pays (États-Unis, Grande-Bretagne, Norvège, Australie, etc.). L’ampleur de la composante génétique associée au TDAH est parmi les plus élevées des troubles psychiatriques (70 % à 95 %), et est comparable à celle associée à la taille de l’individu. Récemment, un gène a pu être associe a ce trouble et plus de 12 équipes différentes travaillent actuellement à identifier plus précisément le ou les liens génétiques. Plusieurs études faites auprès de jumeaux ont démontré que l’environnement familial n’est pas la cause première de ce trouble. Ceci ne signifie pas que l’environnement familial, les habiletés parentales, le stress ou la fréquentation de pairs indésirables n’ont pas d’effets sur le comportement des personnes présentant le TDAH. Les prédispositions génétiques se manifestent toujours en interaction avec l’environnement. Les personnes présentant le TDAH présentent souvent d’autres troubles que l’on dit associés, certains pouvant être directement associés à leur environnement social. Il est cependant clair que les déficits psychologiques associés au TDAH ne sont certainement pas d’abord attribuables à des facteurs environnementaux. C’est pourquoi les scientifiques de réputation internationale, dont font partie les signataires de ce texte, considèrent les contributions neurologique et génétique à ce trouble comme étant prouvées. Ces preuves, appuyées par d’innombrables études qui en montrent à la fois les effets néfastes sur l’individu et l’efficacité de la médication, nous portent à croire que la plupart de ceux qui en sont atteints profiteraient de traitement faisant appel à des stratégies de thérapie à plusieurs volets. Ces thérapies ajoutent à la médication des interventions à l’école, à la famille et dans d’autres situations sociales. Notre position s’inscrit en faux contre les points de vue faussement scientifiques véhiculés dans la presse populaire qui laissent croire que le TDAH n’existe pas vraiment, que la médication de ceux qui en sont affectés est douteuse ou même répréhensible et que les problèmes associés au TDAH ne sont que le reflet de problèmes sociaux comme des difficultés familiales, un temps trop long devant la télévision ou des jeux vidéos, un manque d’amour ou d’attention ou encore l’intolérance des écoles.

Le TDAH n’est pas un trouble bénin. Pour ceux qui en sont atteints, les conséquences peuvent être dévastatrices. Les études à long terme montrent que les personnes atteintes, par rapport à des groupes contrôles, abandonnent davantage l’école (32% contre 40 %), accèdent moins aux études supérieures (5% contre 10 %), ont peu ou pas d’amis (50 % contre 70 %), donnent un sous rendement au travail (70 % contre 90 %), commettent plus d’actes antisociaux (40 % contre 50 %) et font plus usage de tabac ou de drogues illicites. De plus, les jeunes qui grandissent avec le TDAH ont davantage de grossesses précoces (40 %), sont plus infectés de maladies transmises sexuellement (16 %), ont plus d’accidents de voiture et conduisent plus rapidement, sont plus vulnérables à la dépression (20% contre 30 %) et aux troubles de la personnalité (18% contre 25 %) l’âge adulte.

Ils sont de plus affectés par des centaines d’autres inconvénients ou mettent leur vie en danger. Malgré ces graves conséquences, plusieurs études indiquent que moins de la moitié de ceux qui présentent le trouble reçoivent un traitement. Les médias pourraient grandement contribuer à améliorer cette situation. Ils peuvent le faire en présentant le TDAH et les connaissances scientifiques qui l’entourent de façon juste et responsable, tout en évitant de supporter et de diffuser la propagande véhiculée tant par de supposés spécialistes pour qui l’agenda politique voudrait laisser croire que le TDAH n’existe pas. Faire croire que le TDAH est un trouble fictif ou qu’il ne s’agit que de vitalité d’enfants qui effraie les adultes est de la même nature que de déclarer que la terre est plate, que les lois de la gravitation sont douteuses ou que le tableau périodique des éléments est une fumisterie. Le TDAH doit être présenté par les médias de la façon la plus proche possible de la réalité et avec la même rigueur que le fait l’approche scientifique c’est-à-dire comme un trouble réel, ayant des conséquences négatives importantes pour ceux qui en sont atteints, sans que l’on puisse les en blâmer, ni eux, ni leurs parents, ni leurs enseignants.

En toute sincérité

Cet annonce doit paraître dans Clinical Child and Family Psychology Review, Juin 2002. publié par Kluner Academic/Plenum Publishing Co.

86 noms de chercheurs bien connus et respectés suivent :

Russell A. Barkley, Ph.D. - University of Massachusetts Medical School ; Edwin H. Cook, Jr., M.D.- University of Chicago ; Mina Dulcan, M.D. - Children’s Memorial Hospital- Chicago ; Susan Campbell, Ph.D. - University of Pittsburgh ; Margot Prior, Ph.D. - Royal Children’s Hospital-Australia ; Marc Atkins, Ph.D.- University ofl1linois at Chicago ; Christopher Gillberg, M.D. - University of Gothenburg ; Mary Solanto-Gardner, Ph.D. - The Mt.Sinai Medical Center- New York ; Jeffrey Halperin, Ph.D. - Queens College, CONY ; Jose J. Bauerrneister, Ph.D. - University of Puerto Rico ; Steven R. Pliszka, M.D., University of Texas Health Sciences Center ; Mark A. Stein, Ph.D. - George Washington Univ. Med. School ; John S. Werry, M.D. -University of Aukland ; Joseph Sergeant, Ph.D. - Free University ; Ronald T. Brown, Ph.D. - Medical University of South Carolina ; Alan Zametkin, M.D. - Child Psychiatrist -Kensington, MDArthur D. Anastopoulos, Ph.D. - University of North Carolina at Greensboro ; James J. McGough, M.D. - UCLA School of Medicine -Los Angeles ; George J. Dupaul, Ph.D. - Lehigh University -Bethlehem ; Stephen V. Faraone, P .h.D. - Harvard University ; Florence Levy, M.D. - University of New South Wales ; Mariellen Fischer, Ph.D. - Medical College of Wisconsin ; Joseph Biederman, M.D. - Massachusetts General Hospital and Harvard Medical School ; Cynthia Hartung, Ph.D. - Oklahoma State University ; Stephen Houghton, Ph.D. - University of Western Australia ; Gabrielle Carlson, M.D. - State University of New York at Stony Brook ; Charlotte Johnston, Ph.D. - University of British Columbia ; Thomas Spencer, M.D. - Harvard Medical School and Massachusetts General Hospital ; Thomas Joiner, Ph.D. - Florida State University ; Rosemary Tannock, Ph.D. - Hospital for Sick Children -Toronto ; Adele Diamond, Ph.D. - University of Massachusetts Medical School ; Carol Whalen, Ph.D. - University of California at Irvine ; Stephen P. Hinshaw, Ph.D. - University of California at Berkeley ; Herbert Quay, Ph.D. - University of Miami ; John Piacentini, Ph.D. - UCLA Neuropsychiatric Institute ; Philip Firestone, Ph.D. - University of Ottawa ; Salvatore Mannuzza, M.D. - New York University School of Medicine ; Howard Abikoff, Ph.D. -NYU School of Medicine ; Keith McBurnett, Ph.D. -University of California at San Francisco ; Linda Pfiffner, Ph.D. - University of California at San Francisco ; Oscar Bukstein, M.D. -Western Psychiatric Institute and Clinic -Pittsburgh ; Ken C. Winters, Ph.D. -University of Minnesota ; Michelle DeKlyen, Ph.D. - Princeton University ; Lily Hechtman M.D. F.R.C.P. -Mc Gill University and Montreal Childrens Hospital ; Caryn Carlson, Ph.D. - University of Texas at Austin ; Donald R. Lynam, Ph.D. - University of Kentucky ; Patrick H. Tolan, Ph.D. - University of Illinois at Chicago ; Jan Loney, Ph.D. - State University of New York at Stony Brook ; Harold S. Koplewicz, M.D. - NYU Child Study Center ; Richard Milich, Ph.D. - University of Kentucky Laurence Greenhill, M.D. - Columbia UniversityEric J. Mash, Ph.D. - University of Calgary ; Russell Schachar, M.D. - Hopital for Sick Children ; Eric Taylor - Institute of Psychiatry -London ; Betsy Hoza, Ph.D. - Perdue University ; Mark D. Rapport, Ph.D. - CHADD -Landover

Voir en ligne : International Consensus Statement on ADHD

P.-S.

Clinical Child and Family Psychology Review, Vol. 5, No. 2, June 2002 ( C° 2002)


Articles de cette rubrique